Il y a de ces films dont on ne peut pas lâcher de cinglants avis, car on sent que leur volonté est juste de faire du bien, de vous emmener dans un joyeux moment feel-good, dynamique, touchant et reposant. Le Projet Dernière Chance du duo Phil Lord et Chris Miller coche naturellement toutes les cases de ce style de cinéma. Le professeur de physique et de bio un peu raté, Ryland Grace, se retrouve embarqué dans une mission spatiale pour sauver l’humanité en décelant les secrets d’une bactérie qui dévore les étoiles — et donc, de facto, notre Soleil — de l’intérieur. C’est une adaptation d’une autre œuvre d’Andy Weir, après Seul sur Mars, et l'on retrouve ici tout l’ADN qui avait fait le succès du film de Ridley Scott.
La solitude y est exploitée avec brio. Là où Mark Watney utilisait les vidéos comme moyen salvateur de ne pas devenir fou, Ryland Grace rencontre un alien « caillou » avec qui il se lie d’amitié. Tout est un peu facile et cousu de fil blanc dans le déroulé de l’histoire, mais on se surprend à sourire naïvement. Parce que ce film, c’est avant tout cela : faire fi de la suspension d’incrédulité pour se laisser emmener par ce buddy-movie spatial, qui sait briller par ses moments d’émotion aussi simples que magnifiés techniquement. Alors qu'un Gravity recherche le sensationnalisme dans le traitement du vide, Le Projet Dernière Chance est surtout un film sur la solitude, l’amitié et la compréhension de soi. Une œuvre tout en retenue qui n'en fait jamais des caisses.
Une immersion sensorielle portée par Rocky

Le tout est soutenu par la musique impeccable de Daniel Pemberton et un joli jeu de couleurs créant à la fois de l'immersion et un sentiment d'originalité. Toute la séquence autour d'une planète capitale pour l’intrigue vient apporter un peu de tension dans un film souvent — trop — gentil avec son protagoniste. C’est limite un film où vous pouvez emmener vos enfants : ils auront tout le loisir de rire devant la relation entre Ryan Gosling et son copain caillou tout en s’accrochant un peu à leur siège.
Tout le cœur du récit est tellement concentré sur ce duo que le long-métrage aurait gagné à assumer son parti-pris jusqu'au boutiste. Il aurait sans doute fallu finir dix minutes plus tôt au lieu de nous offrir un "happy ending" trop romancé. S’il faut chercher des petits défauts, les seconds rôles sont un peu anecdotiques. C'est notamment le cas pour la talentueuse Sandra Hüller, qui aurait pu être remplacée par n’importe quelle comédienne tant Ryan Gosling et son acolyte monopolisent les échanges. (D’ailleurs, une petite anecdote de tournage, impliquant les filles de l'acteur pour donner la réplique à l'alien, renforce encore la sympathie pour le projet).
Le premier grand rendez-vous de l'année

Bien sûr, ce n’est pas le plus grand film de la décennie, ni le meilleur film sur l’espace. Mais c’est suffisamment touchant, beau, simple et mignon pour venir nous frapper au cœur. C'est le premier blockbuster très réussi de l’année, qui mérite entièrement d'être vécu en IMAX. Le Projet Dernière Chance sortira le 18 mars prochain.
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