Il y a une manière élégante d’admettre qu’on n’a plus assez de joueurs, et il y a celle de DICE : retirer discrètement les modes que plus personne ne peut remplir, et attendre que la communauté s’en rende compte toute seule. C’est chose faite. Sur les forums officiels d’EA comme dans les évaluations Steam de ces derniers jours, le constat est le même, plusieurs playlists ont purement et simplement disparu, et aucune communication n’est venue l’expliquer.
Ce qui reste ? Conquête, Percée, Escalade, Match à mort par équipe. Si vous aviez acheté le jeu pour Rush ou pour les modes d’infanterie à petite échelle, vous n’avez plus grand-chose à faire de votre copie, sachant que le battle royale REDSEC, lui, est gratuit.
La vraie raison ?

Battlefield 6 a culminé à plus de 747 000 joueurs simultanés sur Steam au lancement en octobre 2025. En janvier, le pic sur 24 heures passait sous les 100 000. Au printemps, la moyenne tournait autour de 37 000. Environ 95 % de la population PC envolée en huit mois. La saison 3 a produit un léger sursaut au mois de mai, mais on parle de stabilisation, pas de reconquête.
Quand vingt modes se partagent une population qui a fondu de cette ampleur, le matchmaking s’écroule. Deux options : reconnaître le problème, ou réduire le nombre de portes d’entrée pour que celles qui restent aient l’air pleines. DICE a choisi la seconde mais avec une communication digne d’un enfant de six ans qui a fait une bêtise.
Le problème, c’est que ça ne marche même pas

Parce que les serveurs sont toujours remplis de bots. Le jeu comble automatiquement les parties avec des IA quand il manque des humains, une décision assumée depuis le lancement, qui provoque une colère continue depuis le début de l’année. Sauf que les bots sont calibrés pour ne pas représenter une menace sérieuse, ils ne carry rien, se font fraguer à coup de pelle, c’est du décorum.
Et les joueurs qui ont vu leurs modes préférés disparaître le remarquent immédiatement : ce n’est pas la variété des playlists qui produisait les bots, c’est le manque de joueurs. Supprimer les modes n’a rien réglé, ça a juste réduit le choix.
Même logique sur Percée, dont le nombre de joueurs est passé de 64 à 48 sans la moindre ligne dans les notes de patch. Interrogés en juin, les développeurs ont répondu que les parties à 48 offraient un meilleur équilibre et qu’un retour au 32v32 n’était pas prévu. Les cartes, elles, ont été conçues pour 64.
Les dégâts fantômes : la rumeur

Depuis des mois, une théorie tourne : le jeu réduirait les dégâts des bons joueurs pour protéger les nouveaux. Du « skill-based damage », version Battlefield.
Rien ne prouve l’existence d’un tel système, et aucun datamine sérieux ne l’a établi. Mais l’histoire est plus intéressante que ça. Le patch 1.3.3.0 du 30 juin a bel et bien réduit les dégâts infligés aux membres et au bas du torse pour presque toutes les classes d’armes, avec une balle supplémentaire nécessaire pour tuer quand on touche mal. Autrement dit : les joueurs qui jurent que leurs balles ne font plus rien ne fabulent pas, ils décrivent un vrai nerf. Ils se trompent simplement sur le coupable.
Que la communauté en soit arrivée à soupçonner une manipulation cachée est toutefois criant et signe clairement une rupture de confiance. Quand un studio modifie le nombre de joueurs par mode sans le mentionner et retire des playlists entières sans un mot, il ne peut pas s’étonner qu’on lui prête ensuite les pires intentions.
Vers où va DICE ?

Le tableau d’ensemble ne va pas en leur avantage. EA a licencié des développeurs chez DICE, Criterion, Ripple Effect et Motive quelques mois après un lancement qualifié de record, au nom d’un « réalignement » vers le live-service. La note utilisateur Steam du jeu stagne aux alentours des deux tiers d’avis positifs, et REDSEC est encore plus bas, plombé par des cartes jugées trop petites et par des publicités intégrées mal avisée.
La feuille de route 2026 n’est pas vide pour autant, pourtant : mode classé, retours de cartes cultes, guerre navale arrivée avec la saison 4 en juillet, navigateur de serveurs, chat de proximité. Sur le papier, DICE écoute mais dans la pratique, le studio ajoute par la porte d’entrée ce qu’il retire par la porte de service, et communique sur le premier en espérant qu’on ne remarque pas le second.
Le vrai problème de Battlefield 6 n’a jamais été le manque de contenu. C’était la confiance. Et retirer des modes en silence pendant qu’on remplit les parties de robots, c’est la meilleure façon de creuser le trou qu’on prétend combler.
Vous avez vu vos modes préférés disparaître ? Racontez-nous en commentaires ce qu’il reste de vos soirées sur BF6.







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