Emmanuel Macron a dévoilé hier le nom du futur porte-avions français, le France Libre, 80 000 tonnes, 310 mètres de long, catapultes électromagnétiques, livraison prévue en 2038.
Au même moment, des millions de joueurs lancent Battlefield 6 sur des cartes où le combat naval est tout simplement absent. Pas un bateau ou un zodiac, ni même l'ombre d'une frégate. Et pourtant, depuis BF1942, la communauté réclame la même chose, pouvoir monter à bord d'un porte-avions et en faire un vrai véhicule de guerre et surtout pas un décor figé en arrière-plan de la map.
BF1942 avait tout compris, et la série a oublié

En 2002, Battlefield 1942 posait les bases avec Wake Island, une carte devenue légendaire où les porte-avions servaient de base de spawn flottante. On décollait depuis le pont d'envol, on plongeait en hydravion, on prenait un destroyer ou un sous-marin pour aller pilonner la plage. Le combat naval était parti pris actif et faisait partie intégrante de l'expérience, la carte a été tellement iconique que DICE l'a remise au goût du jour dans BF3 puis BF4.

Battlefield 4 a poussé le concept encore plus loin avec le DLC Naval Strike et son mode Carrier Assault, où deux équipes devaient percer les défenses du porte-avions adverse pour le couler de l'intérieur. Des bateaux d'assaut, des hovercrafts, des hélicoptères qui décollaient du pont, ouaip, c'était le combat naval le plus ambitieux de la série. Mais même là, le porte-avions restait un objectif statique, et non le véhicule que le joueur pouvait manœuvrer.
Des vrais porte-avions modernes dans un Battlefield
Le France Libre, le Charles de Gaulle, le Gerald R. Ford, ces mastodontes à propulsion nucléaire sont des bases militaires flottantes autonomes, c'est très précisément le genre de véhicule qui pourrait redéfinir Battlefield si DICE osait franchir le pas.
Le Gerald R. Ford, c'est 337 mètres de long, 100 000 tonnes, 90 aéronefs, un équipage de 2 600 personnes et un coût unitaire de 13 milliards de dollars. Le France Libre sera plus compact (310 mètres, 80 000 tonnes) mais embarquera des catapultes électromagnétiques de dernière génération, les mêmes EMALS que la classe Ford, une première pour un porte-avions non américain.

Dans un Battlefield, un porte-avions jouable pourrait fonctionner comme un "commander vehicle" géant, un joueur aux commandes de la navigation et du positionnement tactique, d'autres aux postes de défense antiaérienne, d'autres encore qui décollent depuis le pont pour mener des frappes sur les objectifs terrestres. DICE a déjà du mal à stabiliser BF6 sur PS5, alors imaginer une mécanique aussi ambitieuse relève peut-être du fantasme technologique autant que du rêve de joueur.
BF6 et le retour timide du naval
Un datamine récent de Battlefield 6 a révélé des fichiers liés à des bateaux dans le code du jeu, ce qui suggère que DICE travaille sur du contenu naval pour une future saison, potentiellement la Saison 3 courant 2026. PC Gamer a repéré des indices dans le mode battle royale Redsec qui pourraient annoncer des cartes avec des étendues d'eau navigables. Mais entre des bateaux d'assaut et un porte-avions jouable de 300 mètres, il y a un gouffre que la série n'a jamais franchi ni essayé de.

Le paradoxe de Battlefield, c'est d'avoir inventé le combat à grande échelle mélangeant infanterie, véhicules terrestres et aériens il y a plus de vingt ans, tout en laissant le combat naval s'atrophier à chaque nouvel épisode.
La Saison 2 a ramené des cartes européennes et de nouveaux modes, mais toujours rien en mer. Le jour où DICE posera un France Libre ou un Gerald R. Ford au milieu d'une carte 128 joueurs avec des Rafales qui décollent du pont, ce sera peut-être le Battlefield dont la communauté rêve depuis 2002, en attendant, on se contentera de regarder les vrais sur CNews.







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