The Rip, c’est la dernière grosse production estampillée Netflix arrivée sur la plateforme. Elle réunit le binôme Ben Affleck - Matt Damon avec une pléiade de seconds couteaux intéressants : Steven Yeun (The Walking Dead), Sasha Calle (The Flash) ou encore Kyle Chandler (Godzilla vs Kong, First Man).
L’histoire s’inspire de celle du shérif Chris Casiano : on a affaire à un groupe de policiers qui, lors d'un raid contre un réseau de blanchiment d'argent, voient leur confiance s'effriter lorsque les membres de l'équipe se soupçonnent mutuellement de tenter de voler une importante somme d'argent. En jeu au début du film qui vient envelopper tout ça comme une couverture lestée : la mort d’une agente de police qui rôdait elle aussi autour de cette importante saisie financière. L’enjeu, c’est qu’on ne sait pas si cela vient d’un cartel, de policiers ripoux ou d’un tiers extérieur. La menace peut être partout.
Un thriller psychologique loin des standards de l'action low-cost

Joe Carnahan chapeaute le projet, produit par Matt Damon et Ben Affleck avec leur boîte de production Artists Equity. Ce qui frappe d’entrée de jeu dans ce projet, c’est la volonté du film de vouloir se désenclaver des thrillers d’action low-cost qui tirent partout avec une histoire convenue.
Là, c’est une intrigue à tiroirs, à base de jeux de dupes, de faux-semblants et de phrases plus ou moins bien senties pour se disculper. Et la mayonnaise fonctionne. En effet, on tombe dans le piège d’entrée de jeu : penser que tout le petit clan de Matt Damon n’est qu’un amas de flics véreux. Oui, mais pas que. On s’arrache les cheveux dans les premières minutes et pour cause : on a l’impression que personne n’est réellement affecté par la mort de leur collègue. Si, mais c’est très subtil. Le clan des flics continue sa petite vie tranquille et se met sur une grosse saisie financière à environ 20 millions de dollars. S’ensuit alors une montée progressive du délire : menaces extérieures, tensions internes, manipulations. Et tout est savamment dosé par la maîtrise de la réalisation de Joe Carnahan.
La maîtrise de Carnahan : entre joutes verbales et réalisme brutal

C’est intimiste, les joutes verbales sont intéressantes et le duo Damon-Affleck porte tout émotionnellement tant les deux sont forts. Carnahan maîtrise également les suspensions d’incrédulité en brisant net certaines scènes par le montage, pour mieux y revenir ensuite. On dénature tous les clichés de ce type de films (non, les méchants, ce n'est pas le cartel) avec une finesse bienvenue, même si le message retombe plus ou moins dans des chaussons déjà confortables.
Autre fait bienvenu : on fait monter la tension jusqu’à faire exploser celle-ci dans des gunfights courts et qui prennent au dépourvu — on est plus sur de l’intimidation qu’une véritable démonstration de force. Autrement dit, The Rip joue avec son cerveau plutôt qu’avec ses gros muscles. Et cela fait du bien de voir ce genre de trucs popper sur Netflix. C’est sur la plateforme depuis le 16 janvier 2026.
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