Il y en a eu beaucoup, des films sur la guerre. Peut-être même beaucoup trop. En long, en large, en travers, beaucoup de cinéastes ont exploré cette face sombre de l’histoire sous toutes ses coutures.
Dernièrement, c’est notre blockbuster français La Bataille de Gaulle qui a particulièrement été mis en lumière, offrant une plongée intense dans la personnalité du Général par le biais d’un diptyque assez bon, dont un deuxième épisode vraiment excellent.
Arrive alors ce Pressure d’Anthony Maras, adapté de la pièce de théâtre du même nom de David Haig. James Stagg (Andrew Scott), météorologue de génie et conseiller météo des Alliés, doit évaluer une fenêtre météorologique pour permettre au général Dwight D. Eisenhower (Brendan Fraser) de lancer le fameux Débarquement en Normandie, en 1944.
Du classique donc, mais avec une promesse d’explorer tout ça sous un versant novateur, plus verbeux, plus tendu.
Andrew Scott et Brendan Fraser écrasent l’écran

Je m’attendais à aimer, parce que les films sur la guerre sont souvent très forts dans ce registre de huis clos et de confrontations.
Exemple avec Diplomatie de Volker Schlöndorff (2014), excellent mano-à-mano entre un général allemand (Niels Arestrup) et un consul suédois (André Dussollier) qui va tenter de le dissuader de détruire Paris lorsque Hitler entreprend une fuite en avant après plusieurs déboires militaires.
Manque de pot, Pressure est très, très bien écrit, extrêmement mal doublé (voyez-le en version originale, vraiment) et beaucoup trop classique pour en tirer une vraie plus-value. L’intégralité du concept ne repose que sur les épaules du binôme Andrew Scott - Brendan Fraser, qui écrase l’écran par sa singularité, sa puissance de jeu et la crédibilité qu’il donne à l’ensemble.
On s’ennuie ferme face à un film mou, qui se tient sur son simple concept et tente de faire du remplissage, et on commence à lever un œil lorsque Stagg se confronte à Eisenhower. Le film se permet également quelques légères sorties de ce huis clos de préparation du Débarquement pour quelques visions cauchemardesques de la guerre — ces plans glauques d’un grand nombre de jeunes soldats baignant dans leur sang sur les plages de Normandie. Sinon le reste n'est que remplissage (typiquement, les défiances et méchancetés des uns et des autres dans l'équipe de météorologues, qui s'en fiche ?).
Pressure fait monter la pression… sans vraiment y parvenir

Vous l’aurez compris, ce Pressure tente, comme son nom l’indique, de faire monter les enjeux et la pression — mais ça ne marche guère.
Peut-être parce qu’on a eu cinquante films de cet acabit avant et que savoir l’histoire vraie du Monsieur météo de la guerre, on s’en fout un peu. Sans manquer de respect à l’ensemble, c’est joliment écrit et réalisé, mais on peut peut-être se réserver le droit de réclamer (enfin) un autre angle au sujet de la Seconde Guerre mondiale. Pour un même type de huis clos immersif, regardez Diplomatie.
Pressure est dans nos salles de cinéma dès ce mercredi 9 septembre 2026.

