Netflix dévoile le premier trailer de Ray Gunn, le film d'animation que Brad Bird tente de faire exister depuis plus de trente ans, on a enfin le plaisir de voir en live ce bout de projet longtemps resté dans l'enfer du développement. Ce polar de science-fiction produit par Skydance Animation sortira le 4 décembre dans une sélection de salles, dont quelques-unes en 70 mm, avant d'arriver sur Netflix le 18 décembre 2026. Netflix n'a pas précisé les pays concernés par cette sortie en salles.
La bande-annonce s'ouvre sur une voiture volante qui fend le ciel de Metropia, une mégapole dessinée comme on imaginait le futur en 1939, puis suit Ray sur une scène de crime pendant qu'Eyera, son associé extraterrestre à l'œil unique, commente de sa voix rocailleuse les mensonges du métier.
Le montage défile sur une version retravaillée de « 6 Underground » des Sneaker Pimps, un choix plus malin qu'il n'y paraît pour un film nourri du cinéma des années 40. Screen Rant relève l'influence de Blade Runner, que Bird cite lui-même aux côtés de The Big Lebowski, même s'il préfère résumer son film en Faucon maltais croisé avec Buck Rogers. Il décrit aussi son envie auprès de TheWrap d'une phrase qui nous plaît beaucoup : « On a déjà vu la version dystopique du futur. Et si on avait un futur utopique, mais toujours rongé par la corruption ? »
Qui double qui dans Ray Gunn ?

Sam Rockwell prête sa voix à Raymond Gunn, petit détective privé à une époque où les machines ont récupéré l'essentiel des enquêtes. Scarlett Johansson incarne Venus Nova, pop star planétaire dont les scandales menacent la carrière, pour finir Tom Waits joue Eyera. Matt Berry campe Slugsy, un parrain de la pègre au gabarit imposant, entouré d'Alan Tudyk, Bobby Cannavale, Michelle Rodriguez, Kathryn Hunter ou Patton Oswalt, sans oublier John Ratzenberger, l'éternel Démolisseur des Indestructibles. Michael Giacchino signe la musique, Kimbra les chansons originales, enfin Ben Burtt, l'homme derrière les bips de R2-D2 et la voix de WALL-E, s'occupe du son. Le film dure 1 h 59.
Trente ans de faux départs
Bird et Matthew Robbins écrivent le scénario en 1996 pour Turner Feature Animation, qui devait le produire en dessin animé. La fusion de Turner avec Time Warner, puis le chantier du Géant de fer, renvoient le projet aux oubliettes. Bird garde les droits, passe par Pixar, Mission : Impossible - Protocole Fantôme et Tomorrowland, avant de signer en 2021 chez Skydance Animation, dont les films sortent aujourd'hui sur Netflix. À Annecy, le 24 juin, le public a découvert les sept premières minutes, décrites par What's on Netflix comme un casse visuellement superbe. Ray Gunn sera son premier long d'animation depuis Les Indestructibles 2 en 2018.

On comprend mieux pourquoi il a confié à Peter Sohn la réalisation des Indestructibles 3 prévus en 2028, et pourquoi il écarte toute suite à Ratatouille. Pendant que son ancien studio enchaîne les suites, dont un Toy Story 5 décevant, Bird sort un projet original de ses cartons et le peaufine jusqu'à la pellicule 70 mm. Ce premier trailer nous convainc sur l'essentiel, car Metropia ne ressemble à aucun autre décor d'animation de l'année. Il garde en revanche l'intrigue dans le flou, on se dit quand même qu'un polar de deux heures classé PG aux États-Unis devra trouver son public sur une plateforme où, KPop Demon Hunters mis à part, les films d'animation originaux passent souvent sans laisser de trace. Premiers avis attendus le 10 octobre, date de la première mondiale au festival de Londres, on a hâte de les lire.





