Il y a eu beaucoup de films de football, jamais de très bons, surtout dans l’horizon du cinéma français. On se souvient de l’assez médiocre Mercato de Tristan Séguéla, douloureux, peu captivant et avec une fin assez lunaire.
Je suis allé voir ce Bombonera à l’aveuglette. Place gratuite sur ma petite carte CGR à utiliser avant demain — j’ai privilégié ce film français de Syrine Boulanouar qui a l’air de captiver fort peu de monde malgré Soufiane Guerrab (La Vie scolaire, Lupin) au casting et Vimala Pons (Vincent doit mourir, La Vénus électrique).
L’histoire d’Enzo, un escroc fauché qui voit en la jeune Lisa, 14 ans, surdouée du foot, la capacité de lui rapporter de l’argent.
J’ai été un peu trompé parce que je n’ai pas lu le synopsis initialement, j’ai juste lu qu’Allociné le classifiait dans le genre « Action ». Déjà, il y a erreur sur la marchandise. C’est un drame social on ne peut plus basique, avec une construction dramaturgique assez classique et rien ne va le faire se surpasser par rapport à d’autres productions du même acabit alors que c’est ça qu’on demande pour ce genre de film : de la singularité.
Bombonera manque cruellement de personnalité

Typiquement, Le Rêve américain d’Anthony Marciano — sorti en février — prenait le temps d’instaurer son feel-good et sa success-story sur plusieurs actes.
Bombonera est un reflux presque stéréotypé d’une composition : « Coucou, Enzo est un raté, Enzo rencontre Lisa, Enzo veut des tunes grâce à Lisa, Enzo commence à apprécier Lisa, sa mère et ne sait plus comment se dépatouiller de tout ça » — le tout avec une échéance qui cadre tout le film (ce fameux tournoi de street-foot). C’est déjà-vu et ça manque de personnalité.
Pire encore, les scènes de match donnent une nausée profonde, peu aidées par un montage épileptique et une caméra à l’épaule très souvent cadrée dans les pieds. Seule l’utilisation de ralentis — alors que le procédé est sacrément casse-gueule — est assez soignée et parvient à magnifier quelques actions. C’est dommage parce que Bombonera pouvait un peu être l’épouvantail de cette semaine au box-office s’il tentait quelque peu de se démarquer de tous les drames sociaux autour de la trajectoire d’un jeune personnage.
Pas tout à fait feel-good (la fin est un peu bâclée), le film est une espèce de truc hybride entre film de sport et drame mondain, et les idées de réalisation ne sont pas réellement sereines.
Sympathique, mais pas de quoi payer une place plein tarif

C’est ballot parce que Soufiane Guerrab et Vimala Pons font vraiment étalage de leur savoir-faire et donnent de la crédibilité à l’ensemble.
Sauf qu’on s’attend réellement au dénouement, on s’ennuie un peu, mais ce qui est paradoxal, c’est que si je n’ai pas tari d’adjectifs péjoratifs, je n’ai pas passé un moment désagréable. Mais il ne me marquera pas outre mesure. Pour son premier jour en France, Bombonera a fait 4 242 entrées, dont 3 288 en avant-premières, et j’étais tout seul dans la salle de mon très gros multiplexe cet après-midi alors que le cinéma était blindé.
Je crains qu’il n’y ait un gros problème de publicité avec ce film. Malgré sa sympathie évidente, je ne suis pas sûr qu’il mérite qu’on paie une place plein tarif pour être vu.

