Il était vraiment grand temps qu'il sorte. Après de nombreux mois d'annonces et d'affichage "bientôt dispo" sur le Play Store, The Division: Resurgence nous est enfin paru sur IOS et Android le 31 mars dernier.
Alors: véritable portage réussi ou pâle copie du second opus de 2019 ? C'est ce que l'on va voir dans ce test après 20 heures à déambuler dans des rues de New York enneigées et assez lugubres d'apparence.
Ce test a été effectué sur Asus Rog Phone 6Pro 16Go, Processeur Qualcomm Snapdragon 8.1 (Adreno 730)
Plongée dans Resurgence
Ce qui frappera les amateurs de The Division dès les premiers instants de jeu, c'est bien l'ambiance générale et particulière à laquelle The Division 2 nous avait habitué. Comme un air de déjà vu. Et ce Resurgence ne déroge pas à la règle: pas de prise de risque, pas de changement de recette. Ubisoft fait avec ce qu'il sait faire, sans innover.
Entraînement difficile...
Bien entendu, nos premiers pas dans cet opus se feront dans une session d'entraînement, qui nous apprendra les bases des mouvements, combat et de tir. Simple et efficace, de quoi nous familiariser avec le HUD tactile que propose ce nouvel opus.

Les commandes restent classiques, pas trop différentes de ce qui se fait dans le genre, comme pour PUBG mobile ou CoD. L'interface reste entièrement personnalisable, et inclus la possibilité d'y associer notre manette. Difficile d'en comprendre l'intérêt, lorsque l'objectif du portage mobile est d'adapter son jeu pour une interface tactile. Autant se rabattre sur les opus consoles et PC.

Les premières minutes de gameplay nous proposent un jeu plutôt bien fini, de bons graphismes, jeux de lumière et un excellent sound design. Le moteur graphique de l'Unreal Engine fait bien le taf, propose une bonne physique de jeu et même des ragdolls, ce qui n'est pas fréquent sur les jeux mobiles type FPS / TPS.
Une personnalisation limitée
Premier point noir pour Resurgence, c'est la personnalisation limitée que le jeu propose pour notre personnage: seulement 4 profils de départ, peu de modifications physique à réaliser sur le visage ou le corps (mis à part le choix de genre)...

Ce n'est pas sans rappeler un certain Skull and Bones, qui nous avait aussi déçu sur ce point. Et les gars, oubliez la "bebard" de daron à la 13 Hours ou American Sniper: à notre grand désarroi, aucune personnalisation de la pilosité faciale n'est possible. Barbe de 3 jours obligatoire pour tous les hommes.

Un triste constat, au vue de l'aspect très coopératif et PvPvE du jeu, et les nombreuses interactions que vous pourriez être amenés à faire avec d'autres joueurs au cours de votre aventure.
Après l'intro, vient NEW YORK...
À la suite de toute cette session d'introduction aux bases du jeu, d'un trailer d'histoire plutôt badass et de la personnalisation de votre personnage avec le choix de votre classe parmi les 4 proposées, il est grand temps d'entrer dans New York et de commencer notre histoire.

Resurgence: Un retour aux sources aux airs de déjà vu...
Dans cet épisode: oui, on va plonger dans les rues de New York enneigées, vides, lugubres et contrôlées par plusieurs factions qui adoptent différents armements et tactiques de combat. ça vous dit quelque chose ? Non, non, ce n'est pas The Division 2, puisque ça ne se passe pas à Washington. Et Ubisoft l'a dit lui-même, il s'agit là d'une toute nouvelle expérience The Division, et d'une histoire exclusive à l'univers. On déambulera bien à New York... mais avec parfois des airs de Washington. L'Amérique et leurs rues perpendiculaires pleines de gratte-ciels et d'immeubles, quoi.

Bon, je me moque, mais le final est quand même au rendez-vous pour un jeu mobile. L'effort est bien là, le rendu est très bon, l'ambiance visuelle et sonore sont au rendez-vous. On sait d'un coup d'œil que l'on est bien dans la franchise Tom Clancy. Un très bon point en sachant qu'Ubi développe eux-mêmes leurs jeux mobile, sans passer par des développeurs chinois comme Timi Studios.
L'aspect coopératif et instancié mis en avant
Jeu mobile oblige, esprit The Division de surcroit, l'aspect PvE coopératif est prépondérant dans Resurgence. La carte mondiale est instanciée, et les bases de ravitaillement principales font offices de lobbies.
Vous aurez la possibilité de rejoindre un clan afin de construire et d'améliorer votre cache de clan, de réaliser des contrats et des traques contre des cibles prioritaires, et d'augmenter la réputation de votre team sur le serveur. Un excellent aspect plus que nécessaire dans un jeu mobile du genre.

Une campagne entre narration et leveling

La campagne exclusive de Resurgence accompagnera le joueur tout au long de son aventure dans New York. La première partie fera office de prologue, introduisant le joueur aux combats dynamiques contre des bots et les factions, avec au final, un premier boss à battre comme fin d'introduction, avec une magnifique vue sur la Statue de la Liberté en prime.

Après avoir réalisé l'entièreté du prologue, les rues de New York s'ouvriront à nous. On pourra enfin y déambuler librement, y réaliser nos quêtes FedEx, de nettoyages de planques et autres chasse à l'homme.

À partir de cet instant, l'histoire principale du jeu oscillera entre leveling et missions: il sera parfois nécessaire d'atteindre un certain niveau afin de poursuivre l'arc narratif. De quoi temporiser la complétion de celle-ci, et de rallonger sa durée de vie. Mais ça, on commence à connaitre.

Il nous faudra donc explorer les rues de la ville, participer aux évènements du monde seul ou en matchmaking avec d'autres joueurs, ou réaliser des missions secondaires qui aideront les différents camps des districts à subvenir à leurs besoins et libérer des quartiers.
Loots, armements, équipements et mods: les nerfs de la guerre
Là aussi, Ubisoft reprend sa formule gagnante. Pour rester au niveau dans Resurgence et tenter de faire face à des défis toujours plus corsés, vos meilleurs atouts résideront dans vos armements et équipements, qui augmenteront votre puissance globale.

Vos différents équipements vous apporteront diverses statistiques, comme des PV ou résistance supplémentaires, tandis que vos armes vous donneront l'opportunité d'aborder vos gunfights de différentes manières. Et petite dédicace aux snipers, qui font toujours autant plaisir.

Vous pourrez améliorer vos armes préférées avec des matériaux d'améliorations, que vous trouverez dans les différentes missions principales, secondaires et évènements du monde. En les utilisant, vous débloquerez différents niveau de maîtrise, qui vous permettront d'obtenir des statistiques supplémentaires sur celles-ci. Vous avez également la possibilité de modder vos armes, en y ajoutant canon long, différents viseurs, chargeurs... pour en changer l'apparence mais aussi leurs caractéristiques et utilité en combat.
Resurgence nous offre tout de même un large panel d'armes à notre disposition, droppables en mission ou en session PvP / PvE, de différentes rareté. SMGs, Fusil d'Assaut, mitrailleuses, fusils de sniper, FAP... il y en a vraiment pour tous les goûts et pour toutes les approches; de quoi se faire plaisir en toute circonstance.

Gameplay, monde et jouabilité: que vaut vraiment Resurgence ?
Bon, je vais être clair tout de suite: au-delà des beaux graphismes, de l'ambiance très respectable du jeu et du moteur graphique qui fait bien le job, il y a quand même quelques points négatifs qu'il convient de souligner.
Carte du monde: comme The Division 2, mais pas trop quand même
Oui, on est à New York, mais pas du tout dans les mêmes proportions qu'avant. Ce qui m'a tout de suite sauté aux yeux, c'est la taille de la map, qui n'est vraiment pas très grande pour le coup. On s'éloigne drastiquement de la taille de la carte que monde que l'on a pu connaitre dans les autres The Division.

Alors, je comprends bien que l'on soit sur un jeu mobile, que la map est instanciée (c'est-à-dire que vous vous y promenez librement avec les autres joueurs) et qu'il n'y a pas de temps de chargement entre les différents districts. Et ça, c'est un vrai bon point. Mais on a tout de même assez vite fait le tour à pieds. Et ça, c'est vraiment dommage. D'autant que les rues sont bien moins animées que dans The Division 2: ne vous attendez pas à tomber sur des scènes impromptues ou des patrouilles d'ennemis à chaque coin de rues: ces évènements sont beaucoup plus ponctuels et éparses sur la carte.

On se retrouve donc plus dans une simulation de randonnée dans une ville aux airs de fin du monde, que dans une New York déchirée par la guerre civile entre factions, comme le trailer d'introduction le laissait sous-entendre.
Gameplay: des combats dynamiques, efficaces et animés, mais parfois inadaptés
Côté gunfights, qui restent tout de même le cœur du jeu, on se situe toujours bien dans l'ambiance The Division, pas de doute. Niveaux et types d'ennemis, compétences et attributs particuliers de l'adversaire, et gadgets de la SHD de notre côté, tout y est.

Mais la jouabilité de Resurgence et le tactile pour le TPS montrent rapidement ses limites, notamment dans les combats en zone restreinte. Les bots viennent parfois nous rusher, s'éparpillent, contournent, et gérer les couvertures, le tir et les adversaires au corps-à-corps devient très vite compliqué. Surtout que le jeu n'est pas du tout pensé pour la jouer à la rush comme dans un Call Of. Il faut donc anticiper ce genre de problématique et toujours avoir un Pompe ou une SMG à portée de main, juste au cas où...

Une chose est sûre, c'est que les combats seront toujours plus simples à mid et long range, qu'en close combat.
Côté évènements du monde, plusieurs activités instanciées sont disponibles sur la carte à tour de rôle. Même si ça occupe un petit moment, celles-ci deviennent assez lassantes à la longue: mêmes points d'apparitions, mêmes zones, mêmes adversaires. Et côté nettoyage de nids d'ennemis, qui se déroule en intérieur, les décors sont très souvent les mêmes. Ce qui devient rapidement une corvée, plus qu'une occupation quotidienne.
Le PvP: Mode Conflit - là où Resurgence n'excelle pas

Côté PvP, Resurgence ne brille pas vraiment. Un seul mode vraiment Joueur contre Joueur, une capture de zone avec domination. Certaines classes ont plus l'avantage que d'autres, notamment par leurs gadgets. L'équilibrage est passable, mais l'instabilité réseau de certains joueurs peut vite rendre la partie injouable. Entre TP, rollbacks et retards, ce n'est vraiment pas le mode dans lequel on se précipite.

Dark Zone: un extraction shooter à part entière qui diversifie le gameplay
S'il y avait un autre mode de jeu à privilégier en guise de PvP(vE), c'est bien la Dark Zone. Un mode de jeu où l'on explore seul ou en escouade une région de New York placée sous quarantaine.

L'objectif est d'explorer la zone en y affrontant des ennemis contrôlés par IA, qui défendent plusieurs points d'intérêts dans lesquels se trouvent du loot plus rare que d'ordinaire. Les ennemis sont coriaces, plus résistants et agressifs.

La visibilité est réduite dans la zone à cause de la contamination, et le temps est chronométré. Il faut donc s'extraire avant la fin du compte à rebours, butin ou non en poche.

Une sorte d'Arc Riders sauce The Division. Car oui, au départ, tous les joueurs de l'instance sont "alliés". Et j'ai bien mis "alliés" entre guillemets. Car à tout moment, un joueur peut presser son petit bouton rouge en forme de crâne en haut de l'écran, passer "renégat" et devenir l'énorme Schlag de l'instance. PvP activé, cible principal du lobby, mais possibilité de piller le loot des joueurs après les avoir éliminés. Et c'est encore pire lorsque tout se déroule au moment de l'extraction, en attendant l'hélico avec d'autres joueurs. Mais c'est là tout l'intérêt du mode.

Une fois l'extraction réussi, après de trèèèsss longues minutes d'attente à se regarder en chien de faïence avec les autres joueurs sur zone, notre butin est sécurisé. Après un certain temps de décontamination hors lobby, le butin pourra être utilisé et équipé pour votre personnage. Et le jeu en vaut bien la chandelle.

Mode Loup Solitaire: un mode de jeu solo PvE qui vous met au défi
Je passerai que très succinctement sur celui-ci: le mode Loup Solitaire vous permet de vous mesurer à des groupes de bots de différentes factions avec des prérequis de puissance recommandée. Vous devrez réaliser différentes missions dans un temps imparti pour marquer un maximum de points sans vous faire éliminer. Le mode est assez ardu, les ennemis affluent en masse sur certains objectifs de défense de zones notamment, et il est nécessaire d'avoir les bonnes armes et les bons atouts pour venir à bout des niveaux. De quoi mesurer la taille de son e-ego.
Mon verdict: Un très bon portage de la franchise sur mobile, encore limité, mais avec l'avenir devant lui
The Division: Resurgence reste un excellent portage de la franchise d'Ubisoft sur mobile. L'aspect PvPvE privilégié en fait un jeu malléable et accessible qui permet à tout type de joueur d'évoluer à son rythme sans nécessairement être bridé dans la progression. Le jeu est réussi graphiquement et niveau sonore, l'esprit de The Division est bien représenté, et c'est tout ce que l'on attendait. Le moteur de l'Unreal Engine est un vrai plus, démarquant Resurgence des TPS et FPS du même genre. L'aspect payant et la présence du passe de combat ne semblent pas (encore) influencer la progression à moyen terme.
Hélas, le contenu disponible reste encore assez limité, et les joueurs réguliers auront l'impression de tourner en rond après plusieurs dizaines d'heures de jeu. Le mode Dark Zone semble être privilégié pour le loot d'équipement très rare, ce qui peut être un véritable frein à la progression de la puissance d'un joueur. Enfin, côté PvP, le seul et unique mode ne brille pas vraiment et reste très limité en terme d'équilibrage et de stabilité.
Mais avec un jeu sorti le 31 mars dernier, The Division: Resurgence a tout l'avenir devant lui, à condition que les développeurs restent actifs en terme d'apport de contenus, de missions et d'extensions. Tout ce qu'un jeu mobile demande, en somme.
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