Rental Family – Dans la vie des autres de Hikari a tout de la petite perle feel-good movie qui arrive à l’improviste dans nos salles de cinéma. Déjà parce que le film est exploité dans un micro parc de salles et n’a réalisé que 5 000 entrées en un jour, ce qui est très anecdotique face à la déferlante Marsupilami qui, elle, en a fait 300 000 grâce à son premier mercredi et aux avant-premières.
Philipp (Brendan Fraser) est un comédien américain de bas étage, cantonné aux petits rôles sans succès, qui se voit proposer de rejoindre une agence de « familles à louer ». Il va devoir tour à tour incarner un père, le pote d’un hikikomori (un jeune homme japonais ne sortant plus de sa chambre et se coupant du monde), le confident d’un ex-acteur japonais ou encore un faux marié. S’il fait d'abord cela pour gagner sa croûte, il va se rendre compte que c’est plus difficile que ça en a l’air et qu’il commence à s’attacher aux gens, en particulier à la petite fille.
Une émotion brute loin des clichés caricaturaux

C’est un film d’une puissante singularité puisqu'on ne va pas aller chercher le tire-larmes à la tractopelle. Les émotions sont brutes, simples, sans artifices, sans souhait d’appuyer chaque rire, chaque phrasé, chaque émotion. C’est pudique, presque fier, et ça vient se différencier directement d’horreurs sorties précédemment. Par exemple, le Umami de Slony Sow avec Gérard Depardieu (2022) était un film d'une vacuité impressionnante, ponctué par de magnifiques caricatures des Japonais.
À aucun moment Rental Family ne fait ça. Peut-être parce que la réalisatrice elle-même est japonaise et ne connaît que bien chaque regards, chaque messages, chaque parties de sa société. Tout est issu d’une culture différente et un personnage le répète justement à Philipp : « Tu ne peux pas comprendre nos valeurs ». Celui-ci répond que non, mais qu’il veut les apprendre.
Brendan Fraser : une sincérité désarmante

Dans son métier un peu spécial, il va y mettre du cœur, si bien qu’on n'imagine même plus un personnage mais bien Brendan Fraser devant la caméra, qui donne chaque parcelle de son être à mettre de l’émotion à l’ouvrage. Rental Family est ponctué de scènes fortes et captivantes, impliquant différentes thématiques tant la pluralité des points de vue en fait une force. On ne force pas non plus le trait du happy-ending, se contentant d’une poésie toute en retenue. Les seconds rôles de l’agence apportent également une plus-value intéressante tant tout le monde marche bien ensemble.
Un regard juste sur la société japonaise

Mais surtout, on revient mitrailler le film de Slony Sow (2022) puisqu’il est tout bonnement inconcevable de sortir encore des daubasses pareilles réduisant une communauté japonaise à rire fort, faire des grimaces et être joyeuse tout le temps. Cela prouve que lorsque certains ne comprennent rien, d’autres nous montrent les vraies facettes de sociétés diverses, et Hikari le fait à la perfection.
Un feel-good movie salvateur, puissant, doté de segments émotionnellement incroyables qu’on vous invite à voir de toute urgence en salles, parce qu’il est très peu diffusé et peut très vite prendre la poudre d’escampette des cinémas français. À l’affiche depuis le 4 février 2026.
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