Au pays des innovations cinématographiques un peu délirantes, Timur Bekmambetov est roi. Le cinéaste russe d’origine kazakhe, à défaut d’être un excellent metteur en scène (rappelons qu’il a signé les médiocres Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, Wanted ou encore le remake de Ben-Hur, celui où on avait ce pauvre Morgan Freeman avec des dreadlocks et Judas Ben-Hur qui portait un jean Celio), nous intéresse plus pour sa capacité à aller dénicher - en tant que producteur - des petits projets sensoriels, métas ou avant-gardistes sortis de nulle part.
On lui doit le fait d’être allé chercher le concept des films Screen Life, où l'entièreté de l'intrigue se passait sur un écran d’ordinateur — comme Searching, Missing ou Unfriended. Il est également responsable de l’avènement d’Ilya Naishuller, qui nous a signé l’OFNI Hardcore Henry en 2016, ce film pop et sanglant façon jeu vidéo à la première personne. Il récidive avec ce Reconnu Coupable, rassemblant Chris Pratt et Rebecca Ferguson. Ce pauvre Chris est un lieutenant de police accusé de la mort de sa femme. Il a 90 minutes, dans une audience intégralement scrutée par une juge IA, pour prouver son innocence, sinon il se fait exécuter.
Un scénario aux abois et une IA défaillante

La comparaison ne sera pas flatteuse, mais ce Reconnu Coupable est autant un nanar Amazon que son grand frère, l’immonde War of the Worlds avec Ice Cube. C’est affligeant d’un point de vue scénaristique : tout retournement de situation est anticipable à des kilomètres à la ronde. L’IA omnipotente devient brinquebalante, incapable de comprendre les particularités nettes de l’enquête et juge sans connaître le fin mot de l’histoire, sans comprendre. On a l’impression que cette juge Maddox est aussi utile que la toute première version sortie de ChatGPT.
Chris Pratt essaie de donner tout ce qu’il peut, mais le film s’effondre lamentablement dès que son visage visite d’autres éléments de décors. Les personnages secondaires sont affriolants de bêtise, on prend des détours scénaristiques parce qu’on n'a rien d’autre à raconter. Lla puissante juge IA cumule bugs, erreurs de jugement et surtout elle nous offre un moment incroyable : Tout un moment où elle n’abaisse pas le seuil de culpabilité de ce pauvre Chris alors que le vrai coupable est identifié (on est obligé de vous spoiler parce que c’est affolant de bêtise).
Une exécution ratée pour un concept de "sous-Minority Report"

N’ayant plus rien à exploiter de son concept de sous-Minority Report, Reconnu Coupable est même dans l’obligation de quitter son vase clos pour un final aussi tendu que tous les rebondissements qu’on s’est infligés devant Le Mage du Kremlin (et manque de pot, il n'y en avait aucun). Rarement convaincant, assez halluciné dans la plupart de ses réactions et ses enjeux, le blockbuster made in Timur aurait dû connaître une sortie en Direct-to-VOD ou sur Amazon Prime pour nous éviter de souffrir à ce point.
Pire que tout, le message final est clair : les humains peuvent se tromper, les IA aussi. On préférait encore voir notre bon vieux Jared Leto dans Tron : Arès être le héros ultime de la matrice parce qu’il aimait bien Dépêche Mode. Si vous avez prévu de voir ce nanar pas très joli, en salles depuis le 28 janvier 2026… On vous demande de prendre soin de vous, de fuir, et d’aller voir Gourou qui est bien plus intéressant.
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