Sony n'avait probablement pas prévu que le meilleur argument de vente de la PS5 Pro viendrait de l'intelligence artificielle, pas celle qui tourne dans la console, mais celle qui affame les usines de mémoire à l'autre bout de la chaîne.
La flambée mondiale de la demande en DRAM pour les datacenters IA a fait grimper les prix de 75 % entre décembre 2025 et janvier 2026, selon Bloomberg, et les conséquences pour le jeu vidéo sont désormais concrètes : la PS6, qui aurait dû pointer le bout de son nez vers 2027, ne sortira vraisemblablement pas avant 2028 au mieux, 2029 selon les projections les plus réalistes. Samsung et SK Hynix redirigent leurs lignes de production vers la HBM (High-Bandwidth Memory) pour OpenAI et Google, et Sony se retrouve à faire la queue comme tout le monde.
30 Go de GDDR7 à 900 dollars : l'équation impossible

Les rumeurs techniques autour de la PS6 évoquent une architecture Zen 6 / RDNA 5 avec 30 Go de GDDR7, quasiment le double de la PS5 actuelle. Au tarif actuel de la GDDR7, la seule mémoire ajouterait entre 150 et 200 dollars au coût de fabrication, poussant le prix de vente au-delà de 900 dollars. Un suicide commercial. Sony préfère attendre que le marché de la mémoire se stabilise, ce qui transforme mécaniquement la PS5 Pro en console de référence pour les trois prochaines années minimum.
PSSR 2.0 change la donne
Et la PS5 Pro ne reste pas les bras croisés en attendant, le 27 février dernier, Sony a déployé une refonte complète du PSSR, son upscaler par IA, fruit du Project Amethyst mené conjointement avec AMD. L'algorithme et le réseau neuronal ont été repensés de zéro, loin du petit patch, mais bien une nouvelle approche qui analyse les images pixel par pixel avec six mois de raffinement supplémentaire par rapport au FSR 4 disponible sur PC. Resident Evil Requiem, premier jeu à en bénéficier, affiche un niveau de détail en upscaling qui tient tête au rendu natif, notamment sur les textures complexes et les cheveux, historiquement le point faible de tout upscaler temporel. Une option « Enhance PSSR Image Quality » est disponible dans les paramètres système pour tous les jeux PS5 Pro compatibles depuis mars.
Le catalogue qui justifie l'achat
Le hardware seul ne vend pas une console, mais le calendrier 2026 de la PS5 Pro est probablement le plus solide depuis celui de la PS4 en 2015. Requiem a déjà pulvérisé les records de la franchise Resident Evil. Crimson Desert, le RPG open world de Pearl Abyss, tourne en 4K ray tracing à 60 fps sur PS5 Pro grâce au BlackSpace Engine, même si les images PS5 standard se font toujours attendre. Et puis il y a GTA 6, prévu pour novembre 2026, dont le budget a explosé tous les compteurs de l'industrie et qui sera très vraisemblablement optimisé pour tirer parti du PSSR et du GPU amélioré de la Pro.

Avec une PS6 repoussée au-delà de 2028, un upscaler IA qui vient de faire un bond générationnel, et un catalogue qui s'empile, la PS5 Pro à 799 € n'est plus la dépense de confort qu'elle semblait être au lancement. Pour quiconque prévoit de jouer sérieusement ces trois prochaines années, elle est un choix rationnel.
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