Au milieu d’une année 2025 cinématographiquement fragile, un film s’est imposé comme une évidence. La Vie de Chuck transcende les genres, les attentes et les formats pour devenir notre coup de cœur absolu. Une œuvre profondément humaine, intense et singulière, signée Mike Flanagan.
Une adaptation de Stephen King à part

La Vie de Chuck est la quatrième adaptation d’une œuvre de Stephen King sortie cette année, après The Monkey, Marche ou Crève et Running Man. Mais là où ces films explorent l’horreur ou le spectacle, La Vie de Chuck choisit une voie plus intime et existentielle.
Le film raconte, en trois actes inversés, la vie de Charles “Chuck” Krantz. Il débute par sa mort… et celle de l’univers, pour remonter progressivement vers son enfance. Un dispositif narratif délicat, volontairement déroutant, qui impose au spectateur une attention constante. Rien n’est gratuit. Rien n’est expliqué frontalement.
Mike Flanagan au sommet de sa maturité

Avec Mike Flanagan, le pessimisme n’est jamais gratuit. Il est mélancolique, lucide, traversé par une profonde empathie pour ses personnages. La Vie de Chuck s’inscrit dans cette continuité, tout en atteignant une forme de majesté dramaturgique rarement égalée dans sa filmographie.
Le premier acte, consacré à la fin du monde, impressionne par sa sobriété et sa beauté. La catastrophe n’est jamais spectaculaire. Elle est intime, silencieuse, humaine. Les scènes partagées par Chiwetel Ejiofor et Karen Gillan donnent corps à une idée simple et bouleversante : face à l’effondrement, l’humain se rapproche, se parle, se retrouve.
Chuck Krantz, figure centrale et mystère narratif

La présence quasi fantomatique de Chuck interroge dès les premières minutes. Ces remerciements répétés, ces apparitions étranges, dessinent peu à peu le portrait d’un homme présenté comme essentiel, presque mythologique. Le film joue volontairement avec cette attente.
Puis vient le cœur battant du film. La partie centrale, portée par Tom Hiddleston, propose une séquence de danse aussi inattendue que bouleversante. Un moment suspendu, pur cinéma, qui résonne profondément avec le dernier acte. Une démonstration éclatante de ce que Flanagan sait faire de mieux : transformer un geste simple en déclaration existentielle.
Une œuvre dense, imparfaite, mais profondément sincère

Les deux derniers segments explorent l’enfance et la sphère familiale de Chuck. Le film y convoque de multiples références culturelles et littéraires, de la poésie de Dylan Thomas à des motifs plus symboliques comme la porte interdite ou la figure du grand-père.
Cette partie aurait sans doute gagné à être légèrement plus développée. Certains éléments, pourtant riches de sens, sont seulement esquissés. Mais le message, lui, reste limpide : vivre intensément, quelle que soit la durée qui nous est accordée.
Une scène marquante, portée par Kate Siegel, résume à elle seule la philosophie du film. Elle évoque l’idée que chaque être humain porte en lui un univers entier, façonné par ses rencontres, ses souvenirs et son imagination. Une vision vertigineuse, profondément kingienne.
Le grand OFNI d’une année décevante
La Vie de Chuck ne prend jamais son spectateur par la main. Il exige, suggère, questionne. Il convoque des concepts qu’il faut accepter de saisir ou de laisser filer. C’est un film sur la fureur de vivre, sur l’amour, sur la transmission et sur la finitude.
Dans une année 2025 globalement moribonde d’un point de vue cinématographique, ce film fait figure d’exception absolue. Un objet filmique non identifié, profondément émouvant, et sans conteste notre film de l’année.
À découvrir dès maintenant en VOD et SVOD.
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