Pour notre première séance cinéma de 2026, on est allés rattraper l’un des derniers gros films de 2025 : l’adaptation de La Femme de Ménage, thriller psychologique tiré de la trilogie littéraire de Freida McFadden. Un succès public massif, mais un naufrage artistique difficilement défendable.
Un succès public incompréhensible pour un thriller creux

Millie (Sydney Sweeney) est embauchée comme femme de ménage chez la famille Winchester — Nina et Andrew (Amanda Seyfried et Brandon Sklenar) — jusqu’à ce qu’elle remarque le comportement bizarre de ses hôtes.
C’est le gros succès de ce début d’année avec 122 millions de dollars de recettes mondiales et près de 2,2 millions d’entrées en deux semaines d’exploitation (expliquez-nous pourquoi, s’il vous plaît). Ce phénomène littéraire aurait dû rester à la littérature tant il caricature le thriller psychologique, alors qu’il ne s’agit que d’une pâle copie de Twilight version « immersion » dans un folklore Américain actuel, avec des psychopathes et des psychotiques partout.
Paul Feig, ou l’art du cliché prétendument féministe

C’est ça, La Femme de Ménage : un alignement de poncifs, de clichés aussi nuls que rétrogrades, sous couvert d’un propos féministe terriblement à côté de la plaque. Il est néanmoins fort malheureux que son cinéaste — Paul Feig, de surcroît — soit connu de tous pour ses actes manqués.
C’est le réalisateur des désastreux Spy, SOS Fantômes (pas les derniers, mais l’horrible reboot féminin de 2016) ou encore Les Flingueuses. Un coutumier des mauvais films qu’il essaye de parvenir à nicher dans le féminisme sans jamais y parvenir. Pourquoi ? Parce que ses dialogues sont horriblement mauvais (mention spéciale à Amanda Seyfried, qui lâche une phrase presque robotisée en toute fin de film), ses personnages caricaturaux, sa très lente installation de la tension et son twist ridicule que tout le monde voit venir.
Quid également de ses fusils de Tchekhov, de l’escalier en passant du couteau à pain jusqu’à la poupée de Millie dans le lit de la maison miniature de la petite fille ? Tout respire le « m’as-tu-vu ». Paul Feig prend son spectateur par la main et lui fait doucement comprendre qu’il est bête. Qu’il ne peut rien comprendre de lui-même.
Comme tout bon mélange entre Twilight et 50 Nuances de Grey qui se respecte, il faut ajouter une bande-son chargée de plaire à des spectatrices entre 18 et 25 ans maximum, des scènes érotiques à outrance entre ses personnages pour exhiber Sydney Sweeney. Mais aussi des dialogues aussi profonds que le clou que je viens de planter au-dessus de mon ordinateur pour accueillir mon cadre.
Un cinéma sans âme, une question en suspens

Il est proche de l’inconcevable de voir des œuvres aussi vides de sens, sans aucune âme artistique, sortir encore au cinéma. Quand est-ce qu’Hollywood s’apercevra que Paul Feig n’a aucune vision artistique ?
S’il faut sauver de ce marasme ambiant un ou deux points, on dira que Sydney Sweeney, malgré son horrible doublage français, s’en tire un peu avec les honneurs, et qu’il y a quelques moments de sadisme bien trouvés. Sinon, il faut tout jeter.
Mais une question subsiste : les livres sources sont-ils meilleurs ?
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