En ce moment, je m’inquiète un peu pour Glen Powell. Nouvelle coqueluche du cinéma d’action, c’est un comédien taillé pour les rôles à grand spectacle, qui traîne sa bonhomie légendaire et sa classe à la Kingsman sur ses projets. Sauf que ses films ne fonctionnent pas et cela signifie peut-être qu’il est encore trop tendre pour porter une affiche tout seul.
Le réussi et irrévérencieux Running Man d’Edgar Wright en est l’exemple parfait puisqu’il s’est cassé les dents au box-office avec 69 millions de dollars de recettes mondiales pour 110 millions de budget (hors frais marketing). L’Ultime Héritier reprend les codes de Kingsman mais sans la violence : un descendant d’une riche famille — « radié » par celle-ci — se met en tête de tuer toute la lignée pour récupérer le pactole. Le dit descendant est un gentleman, très propre sur lui, qui va exécuter sa famille de papier de façon trop clean et décrotté.
Un cahier des charges trop sage

Parce que L'Ultime Héritier, c’est PG-13, et c’est peut-être ça le problème. C’est beaucoup trop sage pour un déluge de tueries. Il y a un petit côté drôle et cynique, mais c’est tout. C’est paradoxal puisque j’ai pris mon pied devant ces 110 minutes de film où le temps passe relativement vite, mais comme un objet de consommation aussitôt vu et consommé, là où Running Man avait une lecture forte et restait en tête.
Les faits s’enchaînent vite, avec un peu de burlesque tant on sent l’ADN de comédie d’espionnage, mais la réalisation fait un peu le minimum syndical, sans briller, sans y apporter un supplément d’âme. Un cahier des charges bien traité, mais le film ne veut à aucun moment sortir des sentiers battus.
Margaret Qualley et un final en suspens

En revanche, il prend un malin plaisir à exhiber la plastique de Margaret Qualley (The Substance, Once Upon a Time in Hollywood) au point où le scénario en oublie presque de justifier son final. Beckett a-t-il accepté de devenir le gentil esclave et amant de Julia juste pour l’argent ? Était-il de mèche ? Trop peu de réponses tant le reste du film ne prend pas la peine de s’y attarder. C’est dommage puisque L'Ultime Héritier aurait pu gagner à développer davantage de scènes drôles et cyniques (la partie de chasse dans la maison du grand-père) en délaissant certains choix un peu forcés.
En résumé, j’ai trouvé ça sympathique. Absolument pas révolutionnaire pour deux sous, manquant cruellement d’audace et de bravoure. C’est un Kingsman clean, dénué de méchanceté et de violence, avec un héros un peu candide, à l’opposé du Ben Richards de Running Man. Ceci dit, c’est drôle, mais pas dit que ça méritait forcément de sortir au cinéma.
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