Running Man d’Edgar Wright a été le four stratosphérique de l’année 2025. Produit pour un budget de 110 millions de dollars — sans compter le marketing —, il n’a rapporté que la modique somme de 70 millions au box-office mondial.
Pourtant, les critiques n’ont pas été vilaines pour ce blockbuster à la critique acerbe signé par le cinéaste de Scott Pilgrim et Shaun of the Dead. Glen Powell y a porté avec puissance, charisme et sympathie cette adaptation de l'œuvre de Stephen King que j’ai pas mal appréciée. Preuve en est : ma critique fait de Running Man le troisième meilleur film de mon année 2025, rien que ça !
Pourtant, le succès n’a pas été au rendez-vous et il faut bien chercher des explications. Celle qui revient avec récurrence, c’est que la fin est trop différente du livre. En gros, cela n’a pas plu aux puristes de l'œuvre, et c’est bien dommage tant le reste fonctionne à merveille.
Pourquoi ne pas avoir suivi le livre ?

Dans une interview avec Empire, Edgar Wright a pu s’expliquer sur ce choix. Dans le livre source (publié sous le pseudonyme de Richard Bachman), Ben Richards voyait sa femme et sa fille mourir avant de se sacrifier pour se venger du Network. Ces décès n'ont pas lieu dans le film, et c’est toute la richesse du dernier acte : Ben Richards se fait malmener le bourrichon par le grand patron des programmes et explose dans une colère folle. Ce choix vient accentuer le jeu de dupes de la société dystopique et le contrôle du Network sur les cerveaux.
« Dans la première version du scénario, on avait bien inclus la mort de Sheila et Cathy. Mais honnêtement, dès qu’on a choisi les acteurs pour ces rôles, je ne pense pas que j’aurais pu le faire, même si c’était dans le scénario. C’était tout simplement trop brutal. »
L'ombre du 11 septembre

Dommage d’avoir voulu ne pas être « brutal » pour un film qui l’est énormément d’un point de vue graphique et dans son message sous-jacent. Dans tous les cas, Wright a déclaré avoir dû changer la fin à cause de sa trop grande ressemblance avec les attentats du 11 septembre 2001 (le crash d’un avion sur les tours du World Trade Center).
« Nous voulions que Richards soit l’étincelle de la révolution. C’était déjà le cas dans la première version [du scénario]. Nous n’avions jamais envisagé de reprendre la fin du livre. Elle présente des similitudes frappantes avec une tragédie bien réelle. Nous avons jugé qu’il aurait été de très mauvais goût d’évoquer le 11 septembre. Ce sujet n’a jamais été abordé. »
Dans le film, l’avion est détruit en plein vol avant d’atteindre sa cible. Ben Richards survit et vient faire payer le plateau de télé du jeu auquel il a participé. Un happy ending pas forcé qui fait beaucoup de bien. En attendant, Running Man vient tout juste de sortir en DVD et VOD, ainsi que dans une belle édition Steelbook. Je vous invite à découvrir ce très chouette film, rempli de cynisme.
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