Dans la droite lignée du film Les Spécialistes, son thriller d’espionnage sorti directement sur Amazon Prime Video, on a voulu s’intéresser de près au cinéma de Guy Ritchie et à sa filmographie longue comme le bras.
En effet, le sentiment est d’avoir un peu perdu le bonhomme en cours de route après le marasme King Arthur, qui avait seulement encaissé 145 millions de dollars de recettes pour 175 millions de budget, hors frais marketing. On s’est donc intéressés à un grand nombre de ses films sortis sous la bannière Amazon MGM Studios et donc directement sur Prime Video. La plupart ne sont en effet pas arrivés en salles en France.
Après Les Spécialistes, on va donc vous parler tour à tour de The Gentlemen, sorti au cinéma en 2019 avec un casting pléthorique composé de Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Hugh Grant, Eddie Marsan et Colin Farrell, de The Covenant : Mission en Afghanistan avec Jake Gyllenhaal, sorti en 2023, et enfin du Ministère de la Sale Guerre, sorti en 2024 avec Henry Cavill et Eiza González. Zoom sur ces trois longs-métrages bien distincts : on va vous donner un court avis sur chacun d’entre eux, ainsi que notre moyenne générale avec appréciation.
The Gentlemen : une petite dinguerie narrative, méta et pleine d’idées

Il est un peu sorti dans l’anonymat le plus total, performant suffisamment dans le monde sans pour autant marquer les esprits. Et c’est un peu dommage, tant Guy Ritchie galvanise la totalité de son cinéma autour de plusieurs axiomes : cynisme, écriture singulière et couches de narration efficaces. Au début, on est paumés. Récit méta à la Argylle de Matthew Vaughn, à mi-chemin entre imaginaire et réalité ou récit perdu quelque part dans l’espace-temps, The Gentlemen peine à prendre durant sa première demi-heure.
Ensuite, les masques tombent, le rythme s’accélère, les séquences s’enchaînent avec la force d’un scénario cinglant et drôle et nous confirment un truc : Guy Ritchie est un excellent dialoguiste et emmène sa patte à peu près partout.
Les personnages sont flegmatiques, mais toujours aussi justes, et c’est savoureux. The Gentlemen est du grand classique dans la réalisation d’un Guy Ritchie qui revient à ses fondamentaux : du minimalisme dans le décorum, des punchlines savoureuses et un quatrième mur toujours brisé avec intelligence, sans que ce soit frontal. Coucou Deadpool. Un bon 8,5/10 avec félicitations.
The Covenant et Le Ministère de la Sale Guerre, deux autres facettes de Guy Ritchie
The Covenant : Mission en Afghanistan : le moins Ritchie des Guy Ritchie, mais une belle odyssée

Tout, sur le papier, était casse-figure : traiter d’un sujet profondément américain tout en essayant d’éviter l’angle ultra-patriotique — Clint Eastwood était tombé en plein dedans avec American Sniper —, tout en essayant de ne pas sombrer dans la facilité « Américains gentils, Afghans méchants ».
Guy Ritchie troque sa prose drôle et cinglante pour un récit humaniste assez poignant, porté par un Jake Gyllenhaal d’une puissance redoutable. Le film parvient, tout en pudeur, à créer une jolie relation entre le soldat de Gyllenhaal et l’interprète Ahmed. Pas de pathos, pas de surjeu : les deux hommes s’estiment plus qu’ils ne s’apprécient et c’est réellement bien fait, sans vouloir aligner les poncifs.
Les scènes de traque sont également assez prenantes. Le seul bémol vient clairement du fait que ce genre de long-métrage aurait pu être réalisé par n’importe qui. Le boulot est bien fait, mais l’ADN de Guy Ritchie n’est pas forcément présent. 7,5/10 bien mérité.
Le Ministère de la Sale Guerre : retour à une parodie XXL de l’histoire, avec du fun

On revient typiquement, avec ce film, à du Guy Ritchie : des dialogues prenants, drôles, hyper jouissifs, des personnages complètement hallucinés et loufoques — mention spéciale à un Henry Cavill qui cabotine avec joie —, on cumule les points de vue différents sous un prisme de personnages assez réduit, on leur fait vivre des situations cartoonesques et on se moque volontairement des Nazis.
Chaque archétype de personnage est extrapolé simplement pour nous faire marrer. On n’est sur rien d’autre qu’un bon gros divertissement jubilatoire, avec une nouvelle mention spéciale à Henry Cavill, qui tire sur un Nazi tombant du bateau et nous lâche un splendide : « Oh, il a fait plouf. » 8/10.
Trois films à rattraper de toute urgence. Le premier est disponible sur myCANAL VOD, les deux autres sur Amazon Prime Video.
