Les développeurs de The Coalition redoutaient des licenciements avant même la sortie de Gears of War: E-Day, le 6 octobre. Interrogé par BBC Newsbeat sur ces craintes, Mike Crump, directeur du studio de Vancouver, répond à côté. « Ce que je me dis, ce que je dis à l'équipe, c'est qu'il faut se concentrer sur ce que nous pouvons contrôler », explique-t-il. « Pour nous, il s'agit de sortir un excellent jeu que les gens vont adorer », poursuit-il, jugeant que l'équipe y est parvenue.
Eurogamer a révélé le 1er octobre que plusieurs développeurs s'attendaient à perdre leur poste peu après le lancement, juste avant le versement d'une prime liée à la note Metacritic du jeu. Pour la toucher, il faut être salarié à temps plein le jour du paiement, prévu « vers la fin octobre » selon la direction du studio. D'après la même enquête, l'équipe a enchaîné les heures supplémentaires dans les derniers mois de production, compensées par des jours de congé.
Le directeur narratif d'E-Day licencié à deux semaines du lancement

Fin septembre, Juan Vaca, directeur narratif du jeu, a annoncé son licenciement. Dans le cadre de la même restructuration, Xbox a confié le prochain Halo à Activision. Une source d'Eurogamer parle d'un départ « très démoralisant », avant d'ajouter : « Maintenant, on attend juste la prochaine vague, ou d'être réorganisés sous Activision d'ici la fin de l'année. » Encore payé par le studio fin octobre, Vaca devrait toucher sa prime si le seuil est atteint, d'après le site. Les salariés qui seraient licenciés d'ici là ignorent s'ils toucheraient la leur. Xbox n'a pas souhaité commenter.
The Coalition avait jusque-là traversé à peu près intacte la restructuration lancée par Asha Sharma, arrivée à la tête de Xbox en février. En juillet, elle annonçait 3 200 suppressions de postes sur l'exercice en cours ; selon la BBC, Microsoft en était aux trois quarts en septembre. Chez Ninja Theory, menacé de fermeture, des développeurs ont déjà annoncé leur licenciement.
Sept ans après Gears 5, une suite promise bien plus vite

E-Day constitue selon Mike Crump « une excellente base » pour les prochains épisodes, si bien que « le prochain jeu sera loin de prendre autant de temps ». Le précédent épisode, Gears 5, remonte à 2019. La BBC compte six années de développement, pour un budget estimé à « plusieurs centaines de millions ». Crump met en avant la stabilité de ses équipes : « L'équipe de direction, en particulier, travaille ensemble depuis plus de vingt ans. Il y a donc clairement une continuité du savoir et de l'expérience. » Aucun nouveau projet n'a été annoncé.
E-Day affiche 87 sur Metacritic, contre 84 pour Gears 4 et Gears 5. Asha Sharma l'a cité parmi les démarrages « solides » lors d'une réunion interne dont Windows Central a obtenu la transcription. Elle y affirmait que les jeux édités par Xbox renouaient avec la croissance. Les joueurs se montrent plus réservés. Steam affichait ce jeudi 75 % d'évaluations positives sur 5 709.
L'exclusivité, décidée par Asha Sharma, prive les joueurs PS5 d'E-Day. Crump la défend au nom de l'histoire de la série : « Gears est une franchise exclusive à Xbox depuis vingt ans. Elle est profondément liée à la marque. » Il reconnaît que le studio s'est fixé des objectifs financiers et un nombre de joueurs à atteindre, mais dit mesurer aussi le succès à la capacité du jeu à « montrer ce dont la Xbox est capable », avec l'ambition d'en faire « le plus beau jeu de la Xbox ». Le succès critique de Hi-Fi Rush n'a pas suffi à sauver Tango Gameworks, fermé par Xbox en 2024 puis repris par Krafton.





