Plus de moyens, plus de baston : le pari réussi du "Bigger, Faster, Stronger"

C’est un doux euphémisme que de vous dire que ce Mortal Kombat II faisait partie de mes plus grosses attentes de l’année en tant que gros fan de la licence de baston vidéoludique. Le reboot de 2021 était très pauvre d’un point de vue de sa direction artistique et peu emballant dans son virage "origin-story" d'un personnage sorti de nulle part. On a depuis eu droit à un rétropédalage assez XXL. Bye Cole Young (Lewis Tan), bonjour au populaire Johnny Cage — interprété par Karl Urban, omniprésent dans les trailers pour porter le film à bout de bras. On prend les mêmes et on recommence. Cette fois-ci, un tournoi à mort est effectivement lancé et les champions de la planète Terre s’entraînent et vont combattre pour éviter que l’Outworld de Shao Kahn n’envahisse et soumette la planète Terre. Pourquoi s'embarrasser d’un scénario quand tout peut tenir sur un post-it ? Mortal Kombat 2 répond parfaitement à la question et s’en débarrasse grâce à trois mots simples : bigger, faster, stronger.
Plus de budget à disposition (environ 80 millions de dollars) et ça se ressent dans la direction artistique : meilleurs décors, plus de punch, plus de combats, plus de maîtrise malgré des légères faiblesses au niveau des effets spéciaux. En revanche, Simon McQuoid a retenu la leçon par rapport au premier volet : moins d’exposition vaseuse et longue, moins de parlotte, beaucoup plus de Mortal Kombat. L’action fuse dans tous les sens — notamment grâce au tournoi de début de film —, c’est plaisant à suivre, ça dynamite son histoire de toutes parts.
Très grosse mention spéciale au combat entre Liu Kang et Kung Lao qui aurait mérité non seulement d’être un peu allongé, mais surtout d’être adapté pour les autres combats tant tout est si parfait. La musique, la chorégraphie, la tension, le décor… C’est cent fois mieux que le premier volet et ses pyramides désaffectées qui respiraient bon le fond moisi d’un studio hollywoodien. On ne peut que regretter, face à un début aussi tonitruant, le changement brusque de scénario : on va chercher un MacGuffin au fin fond d’un endroit anecdotique pour détruire le méchant. On ne cherche pas à aller bien loin. Les motivations sont criardes de faiblesses dramatiques et les retournements de situation sont justifiables de façon difficile (aller chercher Baraka juste pour tuer trois pauvres méchants, c’est faible).
Un grand ménage de printemps dans le roster des Kombattants

Ensuite, et ce n’est pas un secret, Mortal Kombat c’est une giga-valse de personnages qui meurent, revivent, meurent de nouveau sans une once de crédibilité — et à vrai dire on s’en moque. Mais il y a un problème qui me chiffonne : le traitement qu’ils ont réservé à Cole Young (Lewis Tan). D’accord, le pauvre s’est attiré les foudres des fans de la franchise parce qu’il n’existe pas dans les jeux, mais il méritait un petit peu plus de respect. Le pauvre était l’enjeu émotionnel clair du premier film. Il a une femme, une fille, il est le descendant de Scorpion, il accepte son destin de kombattre. On le fait affronter un Shao Kahn qui triche car invincible. Il s’en sort admirablement, mais comme le méchant a triché, il se fait démonter le crâne avec un grand coup de marteau : et pouf, plus de Cole Young. Ses trois copains lâchent un joli « Sh** » en son hommage puis le film continue. Rappelons qu’il avait été totalement absent de la campagne marketing qui plus est.
On sent le film bien décidé à faire un joli petit ménage en vue de Mortal Kombat 3 : au revoir (de façon temporaire ?) Liu Kang, adieu donc Cole, Jax (Mehcad Brooks ne devrait pas rempiler et à vrai dire on s’en fout un peu) ou encore Shang Tsung qui, lui aussi, s’est fait manquer de respect pendant tout le film. Le studio semble vouloir bâtir sur une trinité Johnny Cage - Kitana - Sonya Blade avec l’apport à venir de nouveaux personnages. Petite déception également sur Sub-Zero (Joe Taslim) ressuscité en tant que Noob Saibot, qui se fait rapidement malmener et maîtriser dans un remake de son combat contre le Scorpion.

En résumé, beaucoup de problématiques dans ce Mortal Kombat II, qui devient faible dès qu’il tente de raconter une histoire — mais qui, a contrario, devient d’une efficacité redoutable dès qu’il choisit de décider qu’il s’en fout. Et ça, c’est fort. C'est un divertissement pas très finaud, honorable, mais vraiment efficace et qui va plaire aux fans. Régressif à souhait mais généreux en fan-service, il fera partie des blockbusters que je garderai dans un coin de ma tête en cette année 2026.
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