Le Principal : La triche pour les nuls

Il fait beau, c’est le printemps, et dans deux mois il y aura une nouvelle qui fera plaisir à tous les adolescents de classe de 3ème : ce sera le Brevet ! Une étape pas évidente mais qui peut être passée en étant consciencieux, travailleur et à jour dans ses révisions. Sauf que dans ce film, Roschdy Zem a triché.
En effet, il incarne Sabri, un principal adjoint de collège très bien noté par son académie, un dossier lourd comme du béton pour prétendre à une place de principal lors de sa prochaine mutation. Son fils — dont il a la garde une semaine sur deux — est une forte tête avec de belles notes et pourra aspirer à un grand avenir dans les plus beaux établissements de lycée et post-bac. Bref, tout va bien pour Sabri. Donc, comme son fiston lui fait part de sa petite glissade au brevet de Mathématiques, il décide d’ouvrir les enveloppes secrètes de l’Éducation nationale et lui spolier les réponses du sujet d’Histoire-Géographie.
Un scénario "bidonné"

J’ai rarement vu un film français aussi bête — pour ne pas le dire vulgairement. Sabri, plutôt propre sur lui, intelligent et très professionnel, décide de tricher absolument sans raison. Et, en pleine conscience de son acte, donne à son fils mot pour mot le corrigé exact du Brevet au point où, forcément, ça va soulever des questions, des réflexions et un besoin d’enquête du côté du rectorat.
Qui fait ça ? Qui, en pleine possession de ses moyens, va tricher impunément puis donner à son fils le corrigé mot pour mot histoire de se faire griller, plutôt que d’essayer de maquiller la magouille en enjolivant certains passages ? Rien que le cœur du problème repose sur un truc bidonné. Mieux encore : on sait que tricher à des examens c’est grave et puni par la loi. Après enquête, le rectorat finit par classifier l’affaire. Pourquoi ? Parce que Sabri est un bon gars, un bon principal adjoint. Et que son fils, c’est un bon travailleur aussi — il n’avait pas de raison de tricher, hein ! C’est d’une malhonnêteté et d’une mièvrerie à faire fondre un glaçon en plein été.
Du remplissage en Thalasso

Comme on ne sait pas non plus quoi raconter mis à part ça, alors on fait du remplissage. Sabri part en thalasso avec sa principale. Ils ne font rien. Ils lisent des livres. C’est mou. Alors Roschdy Zem fait de son mieux, mais il est inexpressif au possible. Rien ne le perturbe. C’est monolithique. Les personnages se regardent tous jouer sans savoir où ils vont.
Les 80 minutes de long-métrage en paraissent le double. Le Principal n’est donc pas un bon film, et je ne sais pas pourquoi je me suis infligé ce film de 2023 — actuellement sur MyCanal — qui ne raconte rien et, quand il essaye, est profondément grotesque.
Regardez plutôt l'Heure de la Sortie de Sébastien Marnier, c'est cent fois meilleur que ça.
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