Drop Game : Tinder, chantage et lourdeur narrative

On a enfin pu rattraper Drop Game, film de 2025 et nouvelle itération annuelle des studios Blumhouse par Christopher Landon (Happy Birthdead, Freaky, Paranormal Activity : The Marked Ones) — l'un des cinéastes privilégiés du big boss Jason Blum. Un projet assez curieux et singulier tant il s’inscrit plus dans un ADN de thriller psychologique plutôt qu’un vrai film d’horreur pur et dur à base de jumpscares ou de frayeurs graphiques.
L’histoire raconte celle de Violet, une jeune veuve, qui a un rencart avec un homme dans un luxueux restaurant. Son petit rendez-vous Tinder est gâché par une série de SMS anonymes qui lui sont envoyés par quelqu’un présent dans l’établissement. Elle se retrouve à devoir se plier à ce mystérieux beau parleur lorsque celui-ci lui annonce qu’un homme masqué est chez elle, prêt à tuer son fils gardé par sa sœur. Grosse ambiance.
Un huis clos qui tourne en rond

Pendant la majeure partie du film, elle va essayer de comprendre qui lui veut du mal, tout en tentant de ne pas alerter son nouveau petit copain qui veut l'aider. C’est pas hyper réussi. Et c’est dommage parce qu’on se laisse prendre au jeu des révélations et de la montée en pression de l’intrigue. Mais, au secours, c’est d’une lourdeur narrative…
L’absence de budget (11 millions) et le huis clos limitent totalement les incursions externes au binôme. Les conversations tournent court et le final tombe comme un cheveu sur la soupe. La révélation n’est pas hyper emballante non plus et le supposé méchant se fait flouer de façon insupportable, comme un débutant, après une longue tirade sur le fait qu’il était trop fort aux échecs petit et qu’il a trente coups d’avance sur les autres.
Une finesse de "labrador qui boite"

C’est écrit avec la finesse d’un labrador qui boite, ça essaie de déclencher des ficelles dramatiques jamais explorées jusqu’au bout (comme le pauvre pianiste, rapidement exécuté). Les dégâts collatéraux sont sommaires, les sursauts inexistants… C’est presque une rom-com gentillette, trop mollassonne et dont rien ne se détache de façon extraordinaire.
Fort heureusement, il reste dans ces 1h33 de film une dizaine de minutes qui dépassent un peu ce qu’on a vu, mais on ne va pas crier victoire trop vite tant ça ne dépoussière ni le genre, ni les façons de faire du studio. Un bon truc à voir en streaming mais pas plus, vu qu’il est disponible maintenant depuis quelques semaines sur MyCanal.
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