Marcher pour exister : le nouveau défi de Yann Samuell

Compostelle de Yann Samuell est un nouveau film de pèlerinage. En lumière cette fois-ci : l’unique Chemin de Compostelle — lieu iconique pour les amateurs de randonnée, les croyants et ceux qui ont une volonté certaine de tirer un trait sur un événement de leur vie ou leur passé pour repartir d'une page blanche.
Le long-métrage met en exergue un principe simple : marcher pour exister. Le protagoniste, un adolescent ostracisé par la société, ne trouve pas sa place dans un système qui ne lui accorde aucune confiance. À travers cette marche qu'il considère d'abord comme une punition, il va découvrir un moyen d'aller de l'avant et de comprendre ce qui l'attend réellement.
La justice restaurative au cœur du récit

Compostelle, c’est l’histoire de Fred (Alexandra Lamy), une enseignante mise à pied qui décide, via une association de réhabilitation, d’accompagner Adam (Julien Le Berre), un multirécidiviste, sur les chemins de Saint-Jacques en guise de parcours de la « dernière chance ».
Ce qui fait la force du film, c’est d’aborder la thématique rare de la justice restaurative. Trois ans après le touchant Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry, le film de Yann Samuell questionne une justice à deux vitesses, souvent trop punitive et pas assez tournée vers la réinsertion. Le récit évite les clichés en exposant la souffrance intérieure d'Adam, véritable volcan prêt à exploser, interprété avec honneur par le jeune Julien Le Berre.
Un binôme de marcheurs convaincant

Face à lui, Alexandra Lamy est tout aussi impressionnante dans le rôle de Fred. Le film ne se contente pas des enjeux de l'adolescent mais étoffe ceux de son accompagnante : pour elle aussi, marcher est un moyen de revoir ses priorités et de faire table rase du passé.
Entre humour, émotions, coups d’éclats et crises de colère, Compostelle n’est jamais ennuyeux. Si l'on peut noter une omniprésence du versant religieux — inhérent au sujet, bien que Yann Samuell tente de s'en distancier — on en tire un film feel-good et dramatique, jamais surfait. C’est un petit moment de sincérité à apprécier en salles de cinéma depuis le 1er avril.
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