Après avoir été porté disparu, The Last Guardian a finalement pointé le bout de son nez sur un autre support que celui prévu à l'origine. Dernier né de , papa de et , il illustre encore une fois que plus qu'un divertissement, le jeu vidéo peut aussi confiner au lyrisme le plus pur.
The Last Guardian est une fable, l'histoire d'un jeune garçon perdu dans une grotte confronté à une bête immense et menaçante. Blessée et apeurée, le garçon doit saisir son courage à deux mains pour porter secours à cette créature acculée. Avec son nouveau compagnon d'infortune Trico, le surnom donné à l'animal, le garçon devra se frayer un passage au-travers des ruines en résolvant nombre d'énigmes. L'objectif ? Gravir et surpasser les obstacles pour sortir d'un cratère immense à l'aide des capacités de Trico. Dans une aventure assez longue pour ce genre de jeu, l'histoire est simple, garde sa part de mystères mais détonne par l'évolution de l'interaction entre le héros et son homologue plus grand et plus fort.
La relation et l'interaction entre Trico et le jeune héros sont superbes et lorgnent parfois du côté du sublime. Quand le jeu se termine, le manque arrive. Cette sensation d'avoir une part de soi en moins comme quand on laisse son chien à la maison pour aller travailler. Ce Trico vous prend aux tripes, gémit quand vous partez trop loin mais ne le fait pas immédiatement. En effet, cette relation se construit, se développe dans un tout que n'aurait pas renié Antoine de Saint-Exupéry. Trico se laissera apprivoiser par son sauveur avant de devenir son ami, à coup de tonneaux sucrés et de caresses sur l'encolure. C'est là, à ce moment, quand la bête frotte sa tête contre vous alors que vous avez été séparés pendant de trop longues minutes, qu'on aperçoit l'essence la plus pure de la relation homme/animal. Alors on s'éprend pour cette bestiole virtuelle, on souffre avec elle, on se réjouit quand elle est heureuse. L'empathie selon
Pour le reste l'ambiance est bien présente et rappelle fortement le jeu ICO. L'ambiance et l'atmosphère sont au rendez-vous que ce soit dans les décors, l'éclairage ou le son. Servi par une belle musique et une réverbération efficace, on se surprend aussi à voir le changement de ton et d'intensité selon la situation dans laquelle notre héros évolue lorsqu'il appelle son compagnon à plumes. La verticalité est très présente et Trico ne sera pas de trop pour atteindre les bords du cratère. De pans de mur en morceaux de falaise, la bête agile vous emportera alors que vous vous accrochez vaillamment à ses plumes ou sa tête. Escalader l'animal est en effet un possible et permettra d'atteindre des corniches et autres passages cachés recelant quelques tonneaux en plus à donner à l'ami Trico.
Cela dit, rien de fou niveau gameplay. Sauter (avec le Triangle, une aberration), s'accrocher, ramper et donner des ordres à Trico seront à peu près tout ce que vous pourrez faire dès le début de l'aventure. On notera aussi l'existence d'un bouclier assez spécial mais évitons de trop en révéler. Le jeu recèle cela dit de quelques passages cachés atteignables via Trico mais c'est au bon vouloir de l'énergumène. L'IA si elle est parfois retors n'en a pas moins l'excuse de celle d'être un animal. Et on sait tous combien il est dur de faire faire un salto à un chat. C'est au final un jeu plutôt contemplatif et poétique. On avance en résolvant des énigmes loin d'être complexe basées sur une physique pas toujours au top.
En outre, le jeu souffre de trop nombreuses errances graphiques et techniques et accuse des problèmes assez inadmissibles. Que ce soit la caméra ou la maniabilité parfois rageantes et sorties d'un autre temps, The Last Guardian est bien un jeu 



