Voilà près de cinquante ans qu'un film de Robin des Bois n'avait pas été aussi bien reçu. Sorti aux États-Unis le 19 juin sous la bannière A24, The Death of Robin Hood affiche 67 % d'avis favorables sur Rotten Tomatoes et met surtout fin à une série noire de 35 ans, durant laquelle aucune adaptation du héros de Sherwood n'avait dépassé la barre des 60 %. Il faut remonter à Robin and Marian, en 1976, pour trouver un meilleur score. L'essai de Hugh Jackman et du réalisateur Michael Sarnoski paie donc, au moins sur le papier.
Sarnoski, déjà repéré sur Pig et A Quiet Place: Day One, signe une relecture crépusculaire et violente, classée R aux États-Unis. On y suit un Robin vieillissant, rongé par les meurtres de son passé d'hors-la-loi et retiré du monde, qui trouve refuge dans un prieuré après avoir été blessé. Là, il noue un lien avec la prieure, incarnée par Jodie Comer, et une fillette orpheline. On est à des kilomètres de l'archer joyeux et justicier de l'imaginaire collectif, ce qu'annonçait déjà la bande-annonce ultra-sombre dévoilée en janvier.
Une réception franchement divisée
Derrière ce score honorable, les avis se fracturent. Les défenseurs saluent le savoir-faire, l'atmosphère poisseuse et médiévale, et surtout l'engagement total d'Hugh Jackman dans un registre à contre-emploi. Les détracteurs butent sur la noirceur appuyée du film, son rythme lent et sa manière un peu lourde de traiter Robin des Bois en homme violent confronté à sa propre légende. Le public n'est pas beaucoup plus chaud, comme le suggère un CinemaScore de C+, loin des standards d'un grand film populaire.

Mais plutôt que de relancer une énième franchise familiale, A24 et Hugh Jackman ont choisi de tordre le mythe, quitte à perdre une partie du public en route. C'est une démarche qu'on a envie de défendre, même quand le résultat ne fait pas l'unanimité. Elle confirme surtout que l'acteur australien continue de zigzaguer entre les registres, lui qui s'apprête aussi à ressortir les griffes de Wolverine dans Avengers: Doomsday.
En France, aucune date de sortie n'a pour l'instant été confirmée pour ce Robin des Bois pas comme les autres. En attendant, il rejoint la longue lignée des relectures du personnage, après notamment la version de Ridley Scott avec Russell Crowe, preuve que Sherwood n'en finit pas d'inspirer Hollywood, pour le meilleur et, trop souvent, pour le pire.







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