Digger ne fait pour le moment pas l’unanimité, mais c’est peut-être ça qui fait les grands films, d’une certaine façon. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas le cinéaste mexicain, ses films ne laissent de toute façon pas indifférent.
Et pour le coup, l’exemple Birdman est symptomatique. Le trip psychédélique en faux plan-séquence avec Michael Keaton est un film tellement trop génial qu’il en a, pour le coup, été à moitié incompris. Ensuite, il y a eu le plus consensuel The Revenant, qui a mis tout le monde d’accord, propulsant Leonardo DiCaprio vers son premier Oscar.
Ce Digger, que je verrai ce week-end pour le décortiquer, avait tout de l’ADN si particulier du cinéaste : irrévérencieux, avec un message très actuel, complètement loufoque et très autocentré autour de la performance a fortiori balèze de Tom Cruise. Bingo, cela semble exactement être ce que les critiques ressortent jusqu’à présent : un film foutraque, dingue et avec une performance XXL de l’ancienne star des Mission : Impossible, 64 ans mais vieillie de quelques années pour l’occasion.
Iñárritu préfère diviser plutôt que laisser indifférent

Mais les critiques amères, Iñárritu s’en délecte. Selon lui, et il a raison, mieux vaut diviser que laisser indifférent. Et c’est effectivement comme ça que l’on peut reconnaître à l’avenir les grands films.
Auprès du New York Times, il a avoué que le film « n’était pas parfait » mais qu’il « préférait ça aux réactions tièdes ». Il a reconnu le caractère totalement singulier du film, à mi-chemin entre comédie et drame méta en écho sur l’actualité d’aujourd’hui. En effet, rien qu’à la bande-annonce, on ne peut pas savoir ce que Digger va raconter. J'ai hâte de le voir pour en saisir la substantifique moelle, comme disait Rabelais dans Gargantua.
« Je pense que c'est un film peu commun, sans aucun doute. C'est un film qui provoque. Pour moi, c'est le rôle d'un film : lançons la conversation. Personnellement, j'aime les films qui essaient de me dire quelque chose d'une manière différente... »
Reste à voir si Digger est un grand film ou un pétard mouillé

Mais encore une fois, difficile de ne pas lui donner raison. On est dans une ère où il faut tout te raconter de A à Z. Le spectateur aime être pris par la main. En plus, il a été défendu par le maître Guillermo Del Toro, et ça, ça n'a pas de prix.
Si cela est bien fait, ça ne me dérange pas d’être provoqué, abandonné et totalement livré à moi-même pour comprendre les tenants et aboutissants de ce qui est proposé. Reste maintenant à voir s’il a raison, selon moi, ou si on va être dans un pétard mouillé semblable au Mickey 17 de Bong Joon-ho. Mais ça, je vous en parlerai ce week-end, promis. Digger est toujours en salles depuis le 30 septembre 2026.








