Un road-movie conceptuel multi-récompensé

Sirat d’Oliver Laxe, vous vous souviendrez sans doute tous de ce road-movie Franco-Espagnol qui avait marqué 2025 de son empreinte. Un papa, Luis, et son fils Esteban cherchent en plein désert où se situe une rave-party géante, sa fille Mar. En effet, la jeune femme est disparue depuis plusieurs mois et le père soupçonne fortement qu’elle soit venue en dernier recours dans cette méga-teuf.
On nous précise en effet au cours du film que la Terre est souffrante à cause d’une guerre meurtrière et que les “infirmes”, sous-entendu les non-envoyés au front, se retrouvent à faire la fête ensemble. Ce film conceptuel a traumatisé le Festival de Cannes en 2025 en repartant toutefois avec le prix du Jury. Il a aussi fait une razzia sur les Goya 2026 tout en empochant quelques Golden Globes et Oscars notamment pour son travail sonore. Et si on vous en reparle c’est que ça arrive dès ce Lundi 19 Mai 2026 sur Canal+. Mais Sirat, c’est pas bien.
Le mirage du buzz et deux scènes chocs

Parce que c’est déjà surcoté. Le film a bénéficié d’une exposition à Cannes qui a fait le buzz. Comme pour Titane de Julia Ducournau, The Substance, ou encore Sanguine pour cette année, les gens seraient ressortis “traumatisés” de l’expérience, à bout de souffle. Pour alpaguer le spectateur curieux, on met des images de gens traumatisés et qui sursautent en salles.
Pour couper directement court aux réflexions : Oui, Sirat a deux scènes choquantes. La première est une rupture d’ambiance totale avec le reste du film, où un personnage innocent connaît un destin pas chouette, sans musique, sans considérations aucune, juste avec la force d’interprétation des personnages. La seconde est effectivement une scène suffocante impliquant des mines. Et l’extraordinaire travail sur le son vient densifier avec force les explosions, nous mettant mal à l’aise pendant plus de quinze minutes parce que quand ça pète, ça pète fort.
Un remplissage faussement sensoriel

Mis à part ces deux moments assez costauds. Sirat c’est rien. C’est un road-movie tout ce qui a de plus basique. Il ne se passe rien, c’est long, décousu, peu vivace. On déambule dans le désert, on galère à faire passer une voiture sur l’eau, on parle, on discute, on attend. Après les deux scènes chocs, on finit comme on a commencé, dans l’anecdotique. les personnages n’évoluent pas. Ils discutent, souffrent, se regardent, mais rien n’évolue.
C’est une mollesse sans précédent à tel point qu’on a le sentiment de voir le prologue du chef d'œuvre Climax de Gaspard Noé sans jamais passer la seconde. C’est un peu moins de deux heures d’un remplissage faussement sensoriel, qui n’arrive pas à la cheville du Mother ! de Darren Aronofsky, d’Utoya d’Erik Poppe ou du mentionné Climax. Malgré tout, si vous voulez essayer de vous frotter à l’expérience, c’est disponible demain pour les abonnés Mycanal.
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