Le diptyque de La Bataille de Gaulle est une arlésienne, un projet tellement casse-figure qu’on a aimé en parler tant il implique quelque chose de majeur pour l’écosystème du monde du cinéma français, et surtout pour Pathé.
Deux films en l’espace d’un mois, un premier film qui s’est cassé les dents avec un tout petit peu plus de 200 000 entrées en semaine 2… Tous les signaux étaient au rouge, puis personne n’a compris la remontada en cours.
En effet, pour sa sixième semaine d’exploitation, La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer a su se maintenir admirablement avec 284 561 entrées, soit toujours plus que sa deuxième semaine. J’écris ton nom, le deuxième opus, vient lui de dépasser le million d’entrées après trois semaines d’exploitation.
Un diptyque qui sauve les meubles, mais pas encore l’argent

On traitait dans un article précédent combien d’entrées devait faire chacun des films pour rentabiliser Pathé. On rappelle que sur 10 euros, en moyenne, pour une place de cinéma, pondérée entre les prix multiplexes et petites salles, Pathé ne récupère qu’environ 4 euros sur le ticket. Ainsi, au mieux, il fallait que chacun des films fasse 9 à 10 millions d’entrées comme Le Comte de Monte-Cristo, et 5 millions pour avoir une bonne base avant les exploitations télé et streaming.
Manque de pot, on en est très loin. Même si les films n’ont pas fini leur exploitation, surtout J’écris ton nom, voici les scores au 17 juillet 2026 : La Bataille de Gaulle : L’Âge de fer cumule actuellement 1 930 546 entrées et J’écris ton nom enregistre lui 1 182 001 entrées. C’est maigre. Au total, c’est donc 3 112 547 spectateurs qui sont allés voir l’un des deux volets du diptyque.
En termes d’argent encaissé net, on se situe autour des 23 millions sur les 75 initiaux. Pour Pathé, c’est un peu plus la soupe à la grimace puisqu’ils récupèrent environ 9 à 10 millions d’euros sur la somme totale investie.
Néanmoins, le chiffre de 74 millions peut légèrement être revu à la baisse. S’agissant d’une coproduction Pathé Films, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma et TF1 Films Production, il serait étonnant que tout le pognon du film provienne de la firme pilotée par Jérôme Seydoux.
Un financement difficile à décortiquer

Le financement d’un film, vous l’aurez constaté, est très difficile à estimer. Il faut donc regarder pour cela qui a mis combien d’argent et via quelle boîte.
Dans le budget prévisionnel de chacun des films, il faut également compter les acteurs suivants : les préachats de Canal+, Disney+, TF1 et TMC, des crédits d’impôt français, belges et canadiens, un soutien du Maroc, et des deniers du CNC.
Malgré tout, Pathé reste majoritaire dans l’investissement. Le blog Siritz parle également d’un producteur belge, Beside Productions, qui a participé pour L’Âge de fer à hauteur de 1 % du budget, soit environ 370 000 euros.
Quoi qu’il en soit, et dans tout ce capharnaüm de chiffres qui doit vous donner mal à la tête, ça ne doit vous servir qu’à comprendre une chose. Pour que la répartition aux producteurs se fasse de manière équitable et que tout le monde obtienne un retour sur investissement, il faut que le film performe et aille chercher plus haut que son budget de production, soit environ 100 millions d’euros de recettes. Il n’a fait que 23 % du parcours et commence déjà à s’épuiser gentiment.
Il reste néanmoins une dernière carte : son parcours international. Les chiffres de l’exploitation des deux films en Algérie, Belgique, Suisse et Tunisie ne sont pas encore connus. L’Âge de fer doit également sortir au Québec le 14 août prochain et J’écris ton nom le 11 septembre.
On fera un point sur les chiffres en décembre pour nous rendre compte du succès, ou non, du diptyque.
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