Jusqu'ici, parler des specs de la PS6 revenait à assembler des bouts de rumeurs et des fuites de leakers plus ou moins fiables. Sony et AMD viennent de changer la donne en livrant les premières informations concrètes sur l'architecture qui propulsera la prochaine PlayStation. Les chiffres qui circulent donnent une idée assez claire de l'ambition du projet, on parle d'une console qui vise 2,5 à 3 fois la puissance de rasterisation de la PS5 actuelle, avec un bond en ray tracing qui pourrait atteindre un facteur 12.
RDNA 5 hybride et Zen 6 : la recette AMD

Côté GPU, la PS6 embarquerait une architecture RDNA 5 hybride, « certaines fonctionnalités RDNA 5, mais pas toutes », selon le leaker KeplerL2, un profil dont les fuites se sont régulièrement vérifiées. Concrètement, Sony mélange des composants RDNA 5 avec des technologies plus anciennes pour maîtriser les coûts, une stratégie que le constructeur a déjà employée puisque la PS5 utilisait du RDNA 1 modifié avec du ray tracing greffé, et la PS5 Pro tourne avec du RDNA 4 adapté. Le GPU pourrait aligner jusqu'à 54 compute units (52 actifs) et délivrer entre 34 et 40 TFLOPS, soit environ 2,5 fois la PS5 Pro.
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Côté CPU, on passe du Zen 2 commun à la PS5 et la PS5 Pro au Zen 6, avec une configuration asymétrique : 7 à 8 cœurs haute performance Zen 6C accompagnés de 2 cœurs basse consommation Zen 6. Le tout gravé en 3 nm chez TSMC sur un die monolithique de 280 mm². Le gain en efficacité est estimé à environ 20% en conditions réelles, ce qui devrait permettre à la console de rester dans une enveloppe thermique raisonnable malgré le bond de puissance.
GDDR7 et le problème du prix de la mémoire
La PS6 devrait embarquer de la GDDR7 avec un contrôleur mémoire 160 bits (contre 256 bits sur PS5), compensé par un débit de 32 GT/s pour atteindre 640 Go/s de bande passante soit 43% de plus que la PS5. La configuration maximale pourrait monter à 40 Go de RAM, mais ce chiffre dépendra directement du prix de la mémoire au moment de la production.

Et c'est là que le calendrier se complique. La pénurie de DRAM, alimentée par la demande massive de l'industrie de l'IA, fait grimper les coûts et brouille toutes les projections. Le scénario optimiste table sur une production de masse mi-2027 pour un lancement en fin d'année, mais plusieurs sources évoquent un report à 2028, voire 2029, si les prix de la mémoire ne se stabilisent pas. En face, la prochaine Xbox pourrait dépasser les 1000 dollars selon certaines estimations, ce qui donnerait à Sony une marge de manœuvre pour positionner la PS6 autour de 600 dollars tout en restant compétitif à condition de ne pas rogner sur les specs pour y parvenir.
Ray tracing, IA et rétrocompatibilité
Le ray tracing fait un bond de 6 à 12 fois les performances de la PS5, ce qui devrait enfin permettre des effets d'éclairage en temps réel sans les compromis de résolution actuels. Sony mise aussi sur l'IA intégrée, comportements de PNJ plus crédibles, upscaling de nouvelle génération dans la lignée du PSSR et de Project Amethyst même si les détails concrets sur ces fonctionnalités restent flous.

Sur la rétrocompatibilité, la PS6 supportera les jeux PS4 et PS5. La compatibilité PS3 reste en revanche un point d'interrogation, l'architecture Cell de la console étant notoirement difficile à émuler. Sony explorerait par ailleurs des méthodes de compression avancées pour réduire la taille des jeux PS5 et PS6, un chantier bienvenu à l'heure où certains titres dépassent les 150 Go d'installation.
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