En moins de cinq ans, Milly Alcock est passée d'une inconnue qui séchait le lycée à Sydney à l'actrice sur qui James Gunn a décidé de faire reposer une partie de l'avenir de son DC Universe. Entre les deux, un rôle de jeune Rhaenyra Targaryen qui a marqué House of the Dragon, une comédie noire Netflix remarquée, et désormais la cape de Supergirl. Portrait de l'Australienne de 26 ans dont tout le monde retient le nom sans toujours connaître le parcours.
Une révélation venue de Sydney

Amelia May Alcock, née le 11 avril 2000 à Petersham, dans la banlieue de Sydney, n'a rien du parcours balisé des écoles de cinéma. Elle découvre la comédie à l'école primaire, dans une version scolaire du Petit Chaperon rouge, puis intègre la Newtown High School of the Performing Arts. Elle lâche les cours en 2018, à peine majeure, quand elle décroche le premier rôle qui va lancer sa carrière.
Il s'agit de Meg dans Upright, la comédie dramatique australienne portée par Tim Minchin (2019-2022). La série mise sur un road-trip improbable à travers l'outback, et Alcock y montre, dans un registre à fleur de peau, qu'elle peut tenir un plan sans une ligne de dialogue. Sa performance lui vaut une nomination aux AACTA Awards, l'équivalent des Oscars australiens, et fait circuler son nom auprès des castings internationaux. À ce moment-là, personne en France ne la connaît.
La jeune Rhaenyra qui a fait décoller sa carrière

Le tournant arrive en 2022. HBO la choisit pour incarner la jeune Rhaenyra Targaryen dans House of the Dragon, avant qu'Emma D'Arcy ne reprenne le rôle à l'âge adulte. Alcock ne tient l'antenne que sur la première moitié de la saison 1, mais elle y laisse une empreinte suffisamment forte pour décrocher une nomination aux Critics' Choice Awards. Voir une actrice quasi débutante tenir tête à Paddy Considine et Matt Smith dans un tel dispositif, ça ne s'oublie pas.
Ce rôle la fait basculer du statut d'espoir australien à celui de valeur sûre pour les grands studios. Et il continue de croitre aujourd'hui, alors que la Danse des Dragons bat son plein à l'écran et que le public associe durablement son visage à la jeunesse de la reine déchue des Targaryen. La suite de sa carrière ne fait que le confirmer.
Sirens, la confirmation Netflix

Avant d'enfiler la cape, Alcock passe par Sirens, la comédie noire de Netflix, où elle campe Simone DeWitt, la jeune assistante d'une milliardaire aux allures de gourou. Le rôle tranche radicalement avec la gravité de Rhaenyra, et dévoile une palette bien plus large qu'attendu. Elle y est mordante, drôle et inquiétante, exactement le genre de démonstration qui rassure un studio prêt à lui confier une franchise entière. La série a trouvé son public sur la plateforme, et a achevé de faire d'elle un nom bankable des deux côtés de l'Atlantique.
Pourquoi James Gunn a parié sur elle

Le choix de lui confier Kara Zor-El est donc tout justifié. En deux rôles, Alcock avait déjà réuni les deux qualités que réclame une super-héroïne moderne, une gravité tragique héritée de Rhaenyra et une fantaisie plus légère révélée par Sirens. Sa première apparition, non créditée, dans le Superman de 2025 de James Gunn, a servi de test grandeur nature, et elle a suffi à installer le personnage avant même son film solo. Les premières réactions à Supergirl ont d'ailleurs convergé sur un point, l'actrice fait l'unanimité même quand le reste du film divise.
Supergirl, le grand saut périlleux
Supergirl (2026) est réalisé par Craig Gillespie et adapté du comic Woman of Tomorrow de Tom King, avec Jason Momoa en Lobo. La bande dessinée d'origine parle d'une Kara plus sombre et plus abîmée que l'image lisse qu'on lui prête d'habitude, un périple cosmique de vengeance que Gunn a rapproché de l'esprit des Gardiens de la Galaxie. Un pari de ton qui reposait, là encore, presque entièrement sur les épaules de son actrice. Sur le papier, c'est la consécration.

Dans les faits, l'atterrissage est plus rude. Notre critique de Supergirl le dit clairement, Alcock porte le film sur ses épaules et s'en sort avec les honneurs, mais le long-métrage autour d'elle ne suit pas toujours. Surtout, le démarrage raté au box-office a douché l'optimisme de Warner et fragilise le calendrier de tout le DCU. Autrement dit, on demande à une actrice de 26 ans de sauver à elle seule un univers cinématographique qui peine à décoller. Ça fait beaucoup pour une seule paire d'épaules.
Pour comprendre où se situe exactement Supergirl dans le puzzle de James Gunn, notre guide sur l'ordre du DC Universe remet les pièces en place, entre Snyderverse, DCU actuel et Reevesverse.
Sa trajectoire incroyable
En quatre ans, elle est passée d'un lycée de Sydney à la tête de deux franchises majeures, sans jamais donner l'impression de forcer. Son talent n'est pas en cause, ses choix non plus. Le vrai risque, pour elle, la santé chancelante du DCU et la pression d'un studio en quête de succès. James Gunn a bâti son univers comme un feuilleton où les personnages se recroisent, et Supergirl a vocation à revenir bien au-delà de son film solo. Si le studio tient le cap malgré les débuts poussifs en salle, Alcock deviendra l'un des visages centraux de ce nouvel âge DC. Sinon, on lui collera injustement une part d'une responsabilité qui n'est pas la sienne.

Une chose est sûre, à 26 ans, elle a déjà prouvé qu'elle savait exister dans l'ombre de rôles écrasants, de Rhaenyra à Kara Zor-El. On parie qu'on n'a pas fini d'écrire son nom. Et vous, dans quel registre aimeriez-vous la voir, maintenant qu'elle a tout à prouver ailleurs que sous une cape ?
