Michael : Le Roi de la Pop dans une coquille vide

Dans la grande lignée des biopics, ce Michael d’Antoine Fuqua faisait office de pâle copie de Bohemian Rhapsody avec le Roi de la Pop. 155 millions de dollars de budget (et à aucun moment on est en mesure de savoir où est passé l’argent), une allure de truc précommandé par Lionsgate et la famille du défunt chanteur et, surtout, une esthétique tellement impersonnelle qu’on dirait que tout est généré par IA.
Rassurez-vous, ce Michael est bien réel, et ça n’empêche pas que c’est giga mauvais. Et pourtant, comme toutes les choses un peu médiocres, ça va dynamiter le box-office puisqu’il a rapporté 97 millions de dollars pour son premier week-end aux États-Unis et cumule déjà 217 millions à l’international.
Inutile de vous résumer l’histoire. Des Jackson Five à ses premières grandes envolées en solo, Michael est également un passionné de Peter Pan, des Pays Imaginaires, a un papa pas très gentil et se brûle le crâne dans un accident de scène. Ne cherchez pas plus loin, ça ne raconte rien d’autre.
Une exposition sans âme

Le film déroule son tapis narratif sans prendre le temps d’expliquer quoi que ce soit. Il présente, il montre, il parle, beaucoup, mais n’explique rien. C’est de l’exposition ; les musiques se succèdent sans background, sans contextualisation. Thriller passe comme une lettre à la poste sans densifier les enjeux.
Pire encore, le film prend soin de saboter son unique point positif. On commence Thriller puis, pouf, on casse le rythme. La relation avec le paternel, c’est pareil. C’est d’une ronflante platitude, aucun effort de mise en scène. Bohemian Rhapsody essayait un chouïa de mieux faire en explorant la psyché de son chanteur — ici, il n'y en a aucune.
Un montage charcuté et un vide émotionnel

Ajoutez à cela le montage charcuté, des plans toujours plus curieux les uns que les autres et une accumulation de scènes épileptiques, et vous obtenez un joli produit qui marche mieux qu’un Euphytose Nuit. Et pire que tout : la VF va vous allumer les oreilles.
On est incapable de résumer la pensée d’un film qui ne se l’impose pas à lui-même. C’est sans doute la première fois qu’on ne ressent aucune émotion devant un film. Ni peur, ni déception, ni angoisse, ni joie. Rien, du flan, du vide, aucune communion. Le genre de truc qui fait passer Bohemian pour un chef-d'œuvre alors que le schmilblick de Dexter Fletcher était déjà bien gratiné dans son genre. Fuyez, pauvres fous.
[media:michael:full]
