On vous avait prévenus de rester prudents. Quand on relayait les premières réactions dithyrambiques à la sortie de gala, on précisait que le verdict des vraies critiques tomberait plus tard. C'est chose faite. Masters of the Universe, le film de Travis Knight, est sorti le 5 juin et affiche 74 % sur Rotten Tomatoes, loin du naufrage de 1987 sans pour autant rentrer dans la légende. Un bon divertissement d'été, avec une réserve de taille sur l'écriture.
Jared Leto vole le film
La sensation est là où on l'attendait le moins. Jared Leto, méconnaissable sous les prothèses de Skeletor, fait l'unanimité chez les critiques. Sa version cartoonesque et délicieusement bizarre du méchant, jusqu'au fameux « Nyeh-heh-heh », est saluée comme l'un des plus grands plaisirs du film. Pour un acteur récemment étrillé pour ses choix de carrière, c'est une jolie revanche, et sans doute son meilleur emploi depuis longtemps. Nicholas Galitzine, en prince Adam, tient solidement son rôle de héros, mais c'est bien Leto qui repart avec la mise.
Ça coince

Tout n'est pas unanime pour autant. Si la réalisation de Knight, les scènes d'action et le ton nostalgique font consensus, l'humour, le rythme et surtout le scénario partagent la critique. Certains saluent le meilleur blockbuster d'été de l'année, d'autres pointent un trop-plein d'effets numériques au détriment de la consistance. Kyle Smith, du Wall Street Journal, résume la déception d'une formule bien sentie, un buffet d'images fantastiques plus remarquable par la quantité que par la qualité. Les 74 % de Rotten Tomatoes traduisent bien cet entre-deux, un film qui plaît sans emporter l'adhésion totale.
Et au box-office ?
Côté recettes, l'accueil s'annonce correct sans plus. Aux États-Unis, Masters of the Universe vise un démarrage estimé entre 30 et 35 millions de dollars sur près de 3 500 écrans, en partageant l'affiche avec le retour de Scary Movie. C'est honnête pour un reboot de licence des années 80, mais on reste loin des sommets, dans un été qui s'annonce pourtant féroce au box-office. La rentabilité dépendra surtout de la tenue dans la durée et des résultats à l'international.

Au final, He-Man tient peut-être enfin sa revanche au cinéma, même si elle reste partielle. Après la série animée Revelation qui avait déjà ravivé la flamme, ce long-métrage prouve qu'on peut tirer quelque chose de propre de la licence, à condition de ne pas trop scruter le scénario. Pour le reste, on tient un divertissement généreux et un Skeletor qui restera. Ce n'est déjà pas si mal. Vous comptez aller le voir, ou Leto seul ne suffit pas à vous convaincre ?







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