Ce dimanche 1er février, pour notre plus grand plaisir (un peu d'ironie), TF1 repasse Lucy de Luc Besson. Le film mélangeant action et SF, sorti en 2013 avec Scarlett Johansson et Morgan Freeman, reposait sur un concept très vite effleuré tant il fallait respecter les standards d’EuropaCorp (vilains gangsters, courses de voitures, dialogues sirupeux et scènes de bastons minimalistes).
Lucy racontait l’histoire d’une femme « mule » qui se fait tabasser le bide où se trouvent lesdits sacs de drogue. Ceux-ci se répandent dans son corps et lui causent un accroissement de son acuité cérébrale, qui part de 10 % pour tendre rapidement vers les 100 %. Lucy tente de retrouver ses ravisseurs et de déjouer une conspiration : elle apprend de nouvelles langues, perçoit son environnement différemment et finit même par se métamorphoser en une clé USB contenant toute l’information du monde.
Un triomphe financier au service d'EuropaCorp

Pour 40 petits millions de dollars de budget, Lucy a rapporté 458 millions de dollars au box-office mondial avec 5,2 millions d’entrées en France. Un franchouillard succès pour EuropaCorp qui avait pu mettre des sous de côté pour la déroute que fut son énorme blockbuster Valérian et la Cité des mille planètes, qui a manqué de peu de tuer la boîte.
Alors que Lucy n’est clairement pas très qualitatif. C’est Taken avec Scarlett Johansson, Léon avec Black Widow ou encore un truc difforme avant-gardiste de ce qu’allait devenir le meilleur — mais non moins semblable — Anna (2019) avec Sasha Luss. Luc Besson ne sait pas écrire des scénarios décents et ne respecte qu’un cahier des charges dicté par son studio. On fait se retourner des voitures, tataner des gangsters souvent venus de pays orientaux et on place toujours une petite scène qui fait plaisir où la femme est le fantasme de la gent masculine. Une façon de voir le cinéma un peu rétrograde qui sous-entend pourquoi la formule EuropaCorp ne prend plus du tout.
Un casting prestigieux pour un résultat scientifique douteux

Dans ce tintamarre pas très intelligent, on ne comprend même pas ce que vient faire l’immense Morgan Freeman, réduit à quelques conférences effarantes de ridicule scientifique à base de : « On n'utilise pas tout notre cerveau, utilisez-en plus et vous allez vous transformer en Super Saiyan ». Agrémentez le tout de quelques seconds rôles qui ne servent à rien — dont ce policier français joué par Amr Waked, qui a autant de consistance que les 107 minutes de Predator: Badlands (balle perdue au hasard, désolé pour le film).
Sinon, l'entièreté du budget, probablement passée dans le cachet de Scarlett, semble aussi avoir servi à payer une scène « vitrine » présente dans les trailers, où Black Widow parvient à maîtriser par la télékinésie — sans forcer — une dizaine de mafieux chinois qui flottent dans l’air de façon ridicule. Et comme il n’y avait plus de budget pour lâcher un final correct, Lucy devient une clé USB non sans y ajouter quelques images de documentaire animalier piochées sur Pixabay, parce que ça fait joli dans un pseudo-film expérimental.
Vous êtes toujours motivé pour le regarder ? Force à vous, c’est ce dimanche 1er février 2026 sur TF1.
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