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Le Mage du Kremlin : une fresque politique entre mollesse et désincarnation
Critique
5.0
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Cinéma

Le Mage du Kremlin : une fresque politique entre mollesse et désincarnation

M
Mathieu
•31 janvier 2026•Mis à jour le 31 janvier 2026•2 min de lecture

Rédacteur cinéma chez GeeksLands depuis 2016. Passionné de cinéma d'auteur, créateur du TikTok Mathieu Cinéman.

Le Mage du Kremlin d'Olivier Assayas déçoit malgré Jude Law en Poutine. Un thriller politique verbeux et dévitalisé qui peine à convaincre tant c'est mou.

Le Mage du Kremlin s'inspire librement du parcours de Vladimir Poutine au début du XXIe siècle. Le film d'Olivier Assayas retrace les confidences de Vadim Baranov, éminence grise du Kremlin à cette période, figure fictive inspirée de Vladislav Sourkov. Le long-métrage a été présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2025, sans remporter de prix toutefois. La problématique directe qui saute aux yeux pour Le Mage du Kremlin est sa mollesse assumée et son manque d'audace.

Une mise en scène linéaire et un manque d'impact cinématographique

Image - Mage Kremlin une fresque politique

Tout est trop sage, trop linéaire, trop explicatif. C'est long et fade. L'ouverture du film met bien 30 minutes à se décanter et les pérégrinations de Vadim Baranov dans la Russie post-Gorbatchev sont d'un ennui ronflant. Pire encore : la VF est tellement douloureuse qu'on peut la penser tout droit sortie des bas-fonds d'ElevenLabs ou des bas-fonds des IA génératives de ChatGPT. En particulier celle de la comédienne Alicia Vikander, aux abonnés absente dans ce film là.

Lorsque Jude Law arrive, on regagne en intérêt : les saillies verbales se font plus percutantes, on croit aux échanges qui auraient pu être un peu plus magnifiés avec la VO. On goûte aux jeux de dupes du pouvoir russe, mais sans un vrai côté impactant.

Le Brief

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Un récit didactique qui peine à s'incarner

Image - Mage Kremlin une fresque politique

La captatio benevolentiae : l'art d'ouvrir son message à un auditoire de façon forte et démentielle. Gourou avec Pierre Niney la réussit. En revanche, Le Mage du Kremlin déroule tout façon livre audio. Sans conséquences, sans incidence. Les événements s'enchevêtrent sans tellement d'uniformité. On nous introduit le futur commandant paramilitaire de Wagner, le douteux Evgueni Prigojine, avec la douceur d'un phacochère malade.

Le thriller politique face à ses limites factuelles

Image - Mage Kremlin une fresque politique

Pas ou peu de musique au programme. Olivier Assayas est beaucoup trop dans le démonstratif, le verbeux. Le cinéaste nous l'avait déjà démontré avec Cuban Network. C'est trop factuel, pas assez cinématographique. Vous avez un Jude Law très costaud en Vladimir Poutine : magnifiez le, rendez le cruel. C'est trop gentil. C’est une fiction, faites le à fond.

Au final, on retient peu de chose de ce mi-docu Arte, mi-audiobook. Un thriller politique aussi avant-gardiste et empreint de renouveau qu'un vieux reportage sur BFM TV le dimanche soir.

🎬Film

Le Mage du Kremlin

2026Olivier Assayas

Russie, au début des années 1990, au lendemain de l'effondrement de l'URSS. Dans un nouveau monde qui promet la liberté et flirte avec le chaos, un jeune artiste devenu producteur de télévision, Vadim Baranov, devient de manière inattendue le spin doctor d'un membre prometteur du FSB (ex-KGB), Vladimir Poutine.

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L'avis de la rédaction GeeksLands

5.0
sur 10

+Points forts

  • ✓Jude Law
  • ✓Quelques saillies verbales percutantes
  • ✓Une fin surprenante

−Points faibles

  • ✗C'est mou
  • ✗La VF est une horreur absolue
  • ✗30 premières minutes pénibles
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