Le Mage du Kremlin s'inspire librement du parcours de Vladimir Poutine au début du XXIe siècle. Le film d'Olivier Assayas retrace les confidences de Vadim Baranov, éminence grise du Kremlin à cette période, figure fictive inspirée de Vladislav Sourkov. Le long-métrage a été présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2025, sans remporter de prix toutefois. La problématique directe qui saute aux yeux pour Le Mage du Kremlin est sa mollesse assumée et son manque d'audace.
Une mise en scène linéaire et un manque d'impact cinématographique

Tout est trop sage, trop linéaire, trop explicatif. C'est long et fade. L'ouverture du film met bien 30 minutes à se décanter et les pérégrinations de Vadim Baranov dans la Russie post-Gorbatchev sont d'un ennui ronflant. Pire encore : la VF est tellement douloureuse qu'on peut la penser tout droit sortie des bas-fonds d'ElevenLabs ou des bas-fonds des IA génératives de ChatGPT. En particulier celle de la comédienne Alicia Vikander, aux abonnés absente dans ce film là.
Lorsque Jude Law arrive, on regagne en intérêt : les saillies verbales se font plus percutantes, on croit aux échanges qui auraient pu être un peu plus magnifiés avec la VO. On goûte aux jeux de dupes du pouvoir russe, mais sans un vrai côté impactant.
Un récit didactique qui peine à s'incarner

La captatio benevolentiae : l'art d'ouvrir son message à un auditoire de façon forte et démentielle. Gourou avec Pierre Niney la réussit. En revanche, Le Mage du Kremlin déroule tout façon livre audio. Sans conséquences, sans incidence. Les événements s'enchevêtrent sans tellement d'uniformité. On nous introduit le futur commandant paramilitaire de Wagner, le douteux Evgueni Prigojine, avec la douceur d'un phacochère malade.
Le thriller politique face à ses limites factuelles

Pas ou peu de musique au programme. Olivier Assayas est beaucoup trop dans le démonstratif, le verbeux. Le cinéaste nous l'avait déjà démontré avec Cuban Network. C'est trop factuel, pas assez cinématographique. Vous avez un Jude Law très costaud en Vladimir Poutine : magnifiez le, rendez le cruel. C'est trop gentil. C’est une fiction, faites le à fond.
Au final, on retient peu de chose de ce mi-docu Arte, mi-audiobook. Un thriller politique aussi avant-gardiste et empreint de renouveau qu'un vieux reportage sur BFM TV le dimanche soir.
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