Verity, l'adaptation du thriller de Colleen Hoover réalisée par Michael Showalter, est sortie le 30 septembre en France, deux jours avant les États-Unis, où elle a pris la tête du box-office malgré une critique très dure. Le film suit le roman pour l'essentiel et garde son énigme jusqu'au bout, mais il change le dernier geste de son héroïne, Lowen.
De quoi parle Verity ?

Lowen Ashleigh (Dakota Johnson) est une romancière saluée par la critique, mais qui ne vend pas. Jeremy Crawford (Josh Hartnett) l'engage pour terminer la série à succès de sa femme, Verity (Anne Hathaway), paralysée et muette depuis un accident de voiture. Lowen s'installe dans la vaste maison du couple, au bord d'un lac, pour fouiller les notes de l'écrivaine. Elle y découvre un manuscrit autobiographique caché, So Be It, où Verity raconte sa rencontre avec Jeremy, ses grossesses et les drames qui ont frappé la famille. Page après page, Lowen se persuade que la femme immobile dans son fauteuil, à l'étage, n'a rien d'une victime.
Qui joue dans Verity ?
Dakota Johnson tient le rôle principal. Après le fiasco de Madame Web, dont elle se dédouane encore, l'actrice de Cinquante nuances de Grey retrouve un personnage trouble : « Je suis un peu la méchante, je crois », résumait-elle auprès de Deadline. Anne Hathaway joue Verity et coproduit le film. Elle retrouve Michael Showalter, qui l'avait dirigée dans The Idea of You pour Prime Video.
Josh Hartnett incarne Jeremy, le mari endeuillé. Brady Wagner joue Crew, le fils du couple, aux côtés d'Ismael Cruz Córdova (Les Anneaux de pouvoir) et d'Irina Dvorovenko. Nick Antosca signe le scénario, sous l'œil de Colleen Hoover, coproductrice du film.
Quelles différences entre le film et le roman ?

Le film coupe plus qu'il ne réécrit. Lowen n'y est plus somnambule, alors que ce fil compte beaucoup dans le livre : Michael Showalter a tourné ces scènes, puis les a retirées au montage pour garder le rythme, a-t-il expliqué à Variety. Il ajoute en revanche, entre Lowen et Verity, une rivalité dans l'esprit d'Ève de Mankiewicz, absente du roman. Colleen Hoover a aussi validé la disparition d'un des enfants du couple, le « meilleur changement possible » selon elle, parce que le récit devenait trop sombre et peu crédible à l'écran.
Attention, spoilers : comment se termine Verity, au cinéma et dans le livre ?

Dans le manuscrit, Verity décrit sa rancœur envers ses enfants, qui lui volaient l'attention de Jeremy, puis raconte avoir fait chavirer leur bateau en sachant qu'ils ne savaient pas nager. Sa fille Harper s'est noyée, son fils Crew a survécu. Dans le roman, les jumelles Harper et Chastin meurent toutes les deux, Chastin d'une allergie aux cacahuètes ; le film supprime Chastin et fait de Crew le jumeau de Harper.
Devenue la maîtresse de Jeremy, Lowen lui fait lire le manuscrit. Quand il confronte sa femme, Verity cesse de jouer la paralysée et Jeremy la tue. Plutôt que de l'arrêter, Lowen lui demande de maquiller sa mort en accident. Le film fait couler le corps dans le lac, quand le roman se contente de faire croire qu'elle est morte dans son sommeil. Quelques mois plus tard, Lowen, enceinte, trouve sous le parquet une lettre de Verity. Le manuscrit n'y est plus qu'un exercice d'écriture où l'autrice imaginait la pire version d'elle-même ; Jeremy l'aurait lu, puis aurait tenté de la tuer, si bien qu'elle aurait simulé la paralysie pour rester auprès de leur fils en préparant sa fuite.
Le roman et le film gardent le même doute final, mais Lowen n'y fait pas le même choix. Dans le livre, elle déchire la lettre, jette les morceaux dans les toilettes et avale ceux qui portent le nom de Jeremy, pour lui épargner la culpabilité. Dans le film, elle la garde. La dernière scène la montre en voiture aux côtés de Jeremy, à se demander laquelle des deux Verity disait vrai.
Michael Showalter avait prévu une fin plus noire. Lowen y chaussait des lunettes de soleil avec un sourire triomphant, avant un dernier plan sur Verity qui ouvre les yeux au fond du lac. Les projections-tests l'en ont dissuadé, car les spectateurs voulaient voir Lowen mesurer ce qu'elle venait de faire, raconte le réalisateur à Variety. Colleen Hoover confie à The Hollywood Reporter que le film a changé sa lecture du livre, sans qu'elle sache davantage qui croire. Anne Hathaway, elle, croit plutôt la lettre.
Verity est-il un bon film ?
La critique américaine l'a éreinté. Au 6 octobre, Verity ne recueille que 33 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes (148 critiques) et 45 sur 100 sur Metacritic. Dans Variety, Guy Lodge y voit un ratage pataud, « à la fois boursouflé et pauvre en intrigue », que des stars à l'air « gênées, confuses ou indifférentes » soutiennent à peine.
Les spectateurs vérifiés de Rotten Tomatoes l'approuvent à 70 %, mais CinemaScore lui attribue un C+, la note la plus basse jamais reçue par une adaptation de Colleen Hoover (It Ends With Us avait obtenu A-). En France, au soir du 4 octobre sur AlloCiné, la presse lui donnait 2,3 sur 5 et les spectateurs 2,9.
Quel box-office pour Verity en France et aux États-Unis ?
Aux États-Unis, le film a démarré à 32,6 millions de dollars, pour un budget de 40 millions. Ses 62,5 millions dans le monde en font le deuxième démarrage d'une adaptation de la romancière, loin derrière les 95,6 millions d'It Ends With Us, chiffres que reprend notre bilan du week-end américain.
En France, où Sony le distribue, Verity a réuni 25 256 spectateurs le jour de sa sortie hors avant-premières, environ 42 400 en les comptant, derrière Notre Salut (notre point du premier jour). En cinq jours, du mercredi au dimanche, il réunit environ 179 000 entrées hors avant-premières, presque autant que le film d'Emmanuel Marre selon Boxoffice Pro ; avec les siennes, Notre Salut monte à 215 000 et garde l'avantage. Au même stade, Reminders of Him n'en comptait que 73 000, quand Jamais plus en affichait 241 000. Le bilan de sa première semaine tombe le 7 octobre.
Y aura-t-il une suite à Verity ?
Aucune suite n'est prévue. Colleen Hoover s'est contentée de plaisanter devant The Hollywood Reporter sur un livre qui suivrait Crew, devenu un jeune homme de 21 ans « vraiment perturbé ».
Quand Verity arrivera-t-il en streaming ?
Aux États-Unis, le film appartient à Amazon MGM et devrait rejoindre Prime Video, sans date annoncée. En France, Sony Pictures le distribue en salles. La chronologie des médias interdit sa location ou son achat en VOD avant quatre mois, donc pas avant fin janvier 2027. Amazon n'a pas annoncé de sortie sur Prime Video en France.
Questions fréquentes sur Verity
Verity est-il tiré d'une histoire vraie ?
Non. Le film adapte un roman de Colleen Hoover publié en 2018.
Combien de temps dure Verity ?
Un peu moins de deux heures.
