Généralement, quand un film d’animation fait aussi sensation, c’est à double tranchant. Comme pour le Arco d’Hugo Bienvenu l’an passé, In Waves, adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, a été présenté à l’ouverture de la Semaine de la Critique à Cannes 2026, où il a fait l'unanimité.
Sensation parce qu’il a créé un tsunami d’émotions chez la critique et les influenceurs, dans une histoire qui fait coïncider l’amour du sport, le surf en l’occurrence, une jolie histoire d’amour et un combat plus intime, plus personnel, contre la maladie. Le long-métrage était également en compétition au dernier Festival d’Annecy.
On peut d’ores et déjà vous le dire : le long-métrage va tout exploser lors des cérémonies de récompenses, Oscars, Césars et Golden Globes 2027, et on espère que son palmarès de récompenses n’aura d’égal que sa splendeur, tant In Waves est ce qu’il est : un pur tourbillon d’émotions et un chef-d’œuvre de l’animation.
Un film d’animation comme une peinture vivante

Le premier truc qui marque, c’est l’ADN si poétique du visuel. Pas de style épuré et lisse comme pour les grosses firmes d’animation. Les producteurs semblent avoir compris qu’un film d’animation est beau lorsqu’il y a une vraie composition des plans, un peu comme si les films étaient des peintures qui prennent vie. Le Robot Sauvage l’avait compris en 2024 par l’intermédiaire de DreamWorks. Miyazaki, lui, l’avait su avant tout le monde. In Waves prend le meilleur de tous ces domaines pour faire rentrer le monde du film d’animation dans le paysage de demain : avec cœur, beauté singulière et âme, le tout enveloppé dans une histoire d’amour qui prône la sincérité et non le mélodrame qui veut à tout prix te faire pleurer.
C’est le genre de film qui veut te suspendre dans le temps, pendant quatre-vingt-dix minutes, et te mettre un uppercut en pleine figure en te prouvant qu’il faut arrêter de se tourmenter, de laisser filer le destin lorsque celui-ci t’envoie un micro-signe, et de profiter de l’instant présent.
Une romance intime, personnelle et bouleversante

C’est une romance originale, très personnelle, introspective et touchante, avec son lot de scènes puissantes, belles et crève-cœurs. Il m’a fait par moments penser à L’Amour au présent, sorti l’année dernière, qui déstructurait la ligne temporelle de son histoire d’amour, avec le même enjeu de la maladie.
C’est un peu pareil. Et ces allers-retours temporels sont efficaces car ils nous préparent déjà au pire. On sait que ça va arriver et on n’a pas besoin de se taper la montée des incertitudes et du climax. Les messages sont significatifs, clairvoyants, lucides.
La relation entre les deux personnages est plus puissante que les mots et la réalisation réussit à le retranscrire à merveille. C’est un film unique, qui n’a que pour seule boussole d’appuyer un message social et émotionnel fort, un peu comme celui du Royaume des Abysses en 2023. Quant au doublage de Lyna Khoudri et Paul Kircher, ils s’en sortent bien et parviennent à donner une dimension chaleureuse à ces deux personnages qui se trouvent comme une évidence, et se perdent avec fracas.
Un très beau film d’animation, probablement l’un des meilleurs que j’ai vus ces dernières années. Faudrait-il déjà que je voie enfin Arco. Une myriade d’émotions qui va sans doute s’installer en colocation bien trop longtemps dans mon cerveau.
Courez le voir si vous en avez l’occasion, il n’a pas l’air d’être énormément distribué.
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