BambooHR, éditeur américain de logiciels de ressources humaines, vient de mettre en ligne ses propres relevés sur les congés posés pour la sortie de GTA 6. La hausse y est moins spectaculaire que le « bond de 17 % » qu'IGN reprend depuis lundi, un chiffre tiré d'un article du site Money paru à la mi-septembre.
Sur les données anonymisées de plus de 3,4 millions de salariés américains, le taux de demandes de congés pour le jeudi 19 novembre, date de sortie de GTA 6, dépasse de près de 13 % celui des troisièmes jeudis de novembre de 2024 et 2025. Money parlait d'une fourchette de 9 à 17 %, dont IGN a mis le haut dans son titre. BambooHR précise qu'une partie de ces 13 % s'explique par une hausse générale des demandes en 2026, de 2 à 4 % par rapport à 2024 et 2025. Le taux de demandes du vendredi suivant dépasse de près de 11 % celui des vendredis comparables, celui du samedi et du dimanche de près de 9 %.
Près d'un salarié sur cinq dit vouloir poser sa journée

Le même rapport ajoute un sondage mené en octobre auprès de 1 530 salariés américains à temps plein. 18 % d'entre eux disent vouloir prendre leur journée pour la sortie, une part qui monte à 32 % dans la génération Z et à 27 % chez les milléniaux. Le sondage ne précise pas si ces salariés ont déjà posé leur congé. La moitié des personnes qui comptent s'absenter pour un jeu prévoient de se déclarer malades plutôt que de poser un congé à l'avance, ce qui n'apparaît pas dans les relevés faits avant le jour J.
Strauss Zelnick, le PDG de Take-Two, s'en amusait dès avril en prédisant que « beaucoup de gens » se feraient porter malades le jour de la sortie, rapporte Fortune. L'atelier californien Burger Motorsports, cité un peu partout comme fermant ses portes ce jour-là, avait pourtant reconnu dès juin auprès du California Post que son annonce était une blague.
Le milliard de dollars perdu ne sort d'aucune étude

IGN reprend aussi l'estimation d'un milliard de dollars de productivité perdue aux États-Unis le jour de la sortie. Fortune a remonté le chiffre jusqu'à José García Montalvo, économiste de l'université Pompeu Fabra à Barcelone, sans trouver d'étude publiée. Victor Matheson, qui étudie l'effet des grands événements au College of the Holy Cross, le conteste. Selon lui, les joueurs déplaceront des jours de congé qu'ils auraient pris à un autre moment de l'année, si bien que la sortie « réorganisera l'économie bien plus qu'elle ne la transformera ».
Ceux qui ont précommandé pourront pré-télécharger le jeu dès le 12 novembre, sur PS5 comme sur Xbox Series, de quoi ne pas passer leur journée de congé devant une barre de progression. Sensor Tower estimait au 20 octobre les précommandes numériques à 6,45 millions. La version en magasin ne contient qu'un code de téléchargement, si bien que quelques boutiques refusent de la vendre. Aux Pays-Bas, Gameshop Twente a retiré le jeu de son catalogue dès juillet, une décision que Gamekult a remise en avant ce mardi. « Tant qu'il ne s'agit que d'un code dans une boîte, nous boycottons cette sortie », explique son propriétaire, Floran Gelderman, cité par Gamekult. Le revendeur canadien Video Games Plus avait fait le même choix fin juin, comme la boutique américaine Loot Box Gaming. Les grandes chaînes, dont GameStop et E.Leclerc, ont ouvert les précommandes.





