Planètes de Momoko Seto est typiquement le film singulier dont la présence même vient poser question. Ce film d’animation de 75 minutes, présenté au dernier Festival de Cannes, propose un pitch complètement dingo : ses personnages principaux sont des tiges de pissenlit qui vont de pérégrinations en pérégrinations après une explosion nucléaire sur Terre. Elles découvrent des biomes différents et tentent de trouver refuge dans une nouvelle maison.
Il est certain que ce long-métrage ne plaira pas à tout le monde. Planètes est conceptuel, abstrait et méta. Sans dialogues ni grandes envolées visuelles classiques, l'œuvre est empreinte d’une mollesse qui pourrait faire pâlir ceux qui recherchent un pur divertissement. Le film n'est peut-être pas assez beau visuellement par rapport à son affiche magnifique. On sent des incrustations un peu foireuses et des images sans doute générées numériquement, ce qui empêche parfois la mayonnaise de prendre totalement.
Un message écologique niché dans l'abstraction

Pourtant, en prenant un peu de recul, on se dit que si ce film existe, c’est avant tout pour une raison déroutante. Concrètement, Planètes veut nous mettre face au fait que l’humanité risque gros en ce moment. Les guerres au Proche-Orient et en Ukraine font inéluctablement basculer le monde vers un chaos de plus en plus proéminent. C’est une vraie invitation à prendre soin de l’écosystème tant celui-ci est d’une fragilité sévère.
Ce message, le film ne vous l’offre pas sur un plateau d’argent ; il faut aller le chercher dans l’arrière-boutique de sa contemplation et saisir l’essence même des images perçues. Le film y parvient à certains moments, notamment lors d'un segment sur le cycle de l’eau qui rappelle la douceur et la force d’impact du documentaire Un jour sur Terre d’Alastair Fothergill (2007).
Entre onirisme spatial et limites techniques

Certains passages flirtent avec l’immensité du vide spatial et l’onirisme de la nature. On traverse l’espace, des trous noirs, de la toundra ou encore des mondes fongiques. On sent la volonté de la réalisatrice de nous en mettre plein la vue et de nous plonger dans un univers visuellement doux pendant 75 minutes. Malheureusement, le concept n'est pas assez poussé ni assez marquant pour emporter une adhésion totale.
En revanche, cela reste une belle porte d’entrée pour le jeune public afin de découvrir un cinéma expérimental proche de la nature. Le film est en salles depuis le 11 mars 2026.
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