On y est : l’un des dinosaures de chez Marvel pointe enfin le bout de son nez. Après un long silence, le studio cher à Kevin Feige lance dans le grand bain Spider-Man : Brand New Day, sous la houlette de Destin Daniel Cretton. Une volonté de changement après la trilogie imparfaite signée Jon Watts, les promesses d’un renouveau, mais surtout une répétition générale avant Avengers : Doomsday pour vérifier si la popularité de Spider-Man est encore là.
Force est de constater que le Tisseur bénéficie d’une sympathie singulière, bien plus forte que celle du MCU. La recette fade et répétitive que l’on tend forcément à pointer dans l’univers étendu fonctionne chez Spider-Man, de retour à un niveau plus street-level. Peter ne conjugue plus forcément deux vies, mais se donne corps et âme dans son rôle de Spider-Man, tout en ayant toujours une pensée pour ses copains, perdus depuis No Way Home.
Lorsque je rentrerai dans les détails, je vais devoir vous spoiler, pour la bonne et simple raison que certains éléments, non essentiels pour la suite du MCU, sont également évoqués et méritent que j’en parle un peu.
Spider-Man s’affranchit enfin des histoires galactiques du MCU

La force première de ce Brand New Day, c’est sa volonté de s’affranchir totalement du MCU et de ses histoires galactiques. Après avoir combattu Thanos, fait ami-ami avec des Skrulls et rencontré ses copains Spidey venus d’autres univers, Peter affronte quelque chose de plus terre-à-terre, tandis que l’accent est mis sur son quotidien post-No Way Home.
On nous confirme que le personnage est probablement le seul à avoir connu une véritable évolution psychologique parmi les cinquante autres PNJ super-héroïques voués à se taper dessus. Il y a un peu Thor aussi, mais cela nous fait mal de l’admettre. Quant à Tony Stark, il n’est plus là.
L’idée de la mutation de Spider-Man est bien amenée et entre en écho avec celle du passage à l’âge adulte, même si cela se fait parfois avec un peu trop de gros sabots. On part sur des bases nouvelles : sa bromance avec le Punisher est géniale, tandis que la gestion de sa relation avec MJ et Ned est finement amenée et traitée sans être clichée. Le film se permet même un peu de cruauté gratuite à ce sujet. Quant aux autres personnages, ils sont relégués à des figures un peu anecdotiques. Banner ne sert que de rampe de lancement vers un peu d’action et, surtout, le caméo surprise non annoncé est un peu nul.
Je vous avais prévenus concernant les spoilers : Yelena Belova est dans ce film. Après sa consécration comme New Avenger, elle est désormais tenancière d’un spa, où elle reçoit Peter en mode MacGuffin, simplement pour l’emmener sur une piste. Un court passage qui ne sert à rien, si ce n’est à raccrocher un peu les wagons avec l’univers déjà en place. Cela vous montre surtout que Spider-Man s’en sort à merveille lorsqu’il choisit de tracer sa route seul.
Sadie Sink convainc malgré une intrigue trop convenue

Arrive alors la menace incarnée par Sadie Sink, dont je ne vous dévoilerai pas la véritable nature, car ce serait vous gâcher la surprise. Je parlerai de son personnage dans un article associé, car là aussi, il y a des choses à dire.
Mais la jeune comédienne de Stranger Things s’en sort avec les honneurs et s’impose comme une véritable actrice capable d’être crédible, contrairement à l’une de ses célèbres consœurs de la série qui l’a fait connaître. Quant aux autres nombreuses menaces, elles sont toutes réduites à l’arrière-plan, que ce soit Tombstone ou le Scorpion. Le tout est bien emballé par une réalisation faisant le minimum syndical, malgré quelques jolies idées de mise en scène. L’image est nette, propre, colorée et dynamique : c’est mieux que sous Jon Watts.
Il en reste néanmoins un long-métrage qui, bien qu’efficace, n’entre que très peu dans son véritable sujet : le changement de Peter lors de son passage à l’âge adulte. On se retrouve face à un enchevêtrement de situations d’action assez convenues, alors que Marvel avait pourtant réussi, avec Thunderbolts*, à pousser le curseur un peu plus loin sur les questions de santé mentale.
Surtout, ne vous attendez pas non plus à un raccordement avec Avengers : Doomsday. La scène post-générique nous livre quelque chose de très en retenue, comme s’il ne fallait rien dévoiler de plus. Le film est en salles dès aujourd’hui et fera promptement l’affaire si vous souhaitez fuir la canicule.
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