Ben Affleck s'en prend à son tour à ceux qui fêtent l'échec de Digger, le film d'Alejandro G. Iñárritu avec Tom Cruise. Invité de Josh Horowitz dans le podcast Happy Sad Confused, le réalisateur d'Animals défend les films qui prennent des risques. Variety y voit une mise en garde contre un cinéma de studio réduit aux franchises.
« C'est un peu comme le harcèlement au lycée, avec des gens qui n'avaient même pas vu les films. On le voit en ce moment, franchement, avec Digger », lance l'acteur. « Tout le monde veut célébrer ce bide comme si c'était la chose la plus excitante qui soit arrivée. Et on se dit que c'est un film assez ambitieux, intéressant, fait par des gens intéressants qui ont du talent. »
« Tout le monde veut compter l'argent, ce qu'il a perdu ou je ne sais quoi », poursuit-il. « Moi, je pense simplement que si on punit les films qui prennent des risques, devinez ce qu'on va obtenir ? Une flopée de films de merde homogénéisés. On ne peut pas faire quelque chose d'intéressant sans tenter un grand coup. Et ça veut dire qu'on aura parfois l'air ridicule. »
Digger, en route vers le plus gros échec financier de Tom Cruise

Sorti le 2 octobre aux États-Unis, Digger n'y a rapporté que 15 millions de dollars, selon Variety, pour un budget de production supérieur à 160 millions auquel s'ajoute une centaine de millions de marketing. Le magazine évoque un seuil de rentabilité en salles d'environ 350 millions de dollars dans le monde, que Warner ramène à 300 millions. TheWrap estime que Warner perdra environ 250 millions de dollars avec le film, un ordre de grandeur que Variety retrouve dans ses propres calculs. Rotten Tomatoes n'affiche que 53 % de critiques positives.
Dès la sortie, Guillermo del Toro s'en était pris à IGN, qui renvoyait le film à HBO Max. Iñárritu a dit au New York Times qu'il préférait un film qui fait débat à un accueil tiède. Depuis, Neil Young a écrit sur son site que Digger était « le meilleur film » qu'il ait jamais vu. Mandy Patinkin parle d'un « classique instantané ». Sur Letterboxd, Anne Hathaway qualifie le film de « brillant » et lui accorde un « 10/10 ».
Animals, le dernier film de Ben Affleck, étrillé par la critique

Animals, son sixième film comme réalisateur, est sorti sur Netflix trois jours avant l'épisode. La critique américaine l'a lynché dès sa mise en ligne, Metacritic affichant ce jour-là une moyenne de 31 sur 100. Dans le même entretien, Affleck a qualifié les reshoots de Justice League de « point le plus bas » de sa carrière. Selon TheWrap, il y raconte aussi comment Gone Baby Gone, son premier film comme réalisateur, a commencé en 2007 à faire évoluer l'image de star qu'il avait au milieu des années 2000.
Le message d'Affleck arrive alors que Warner vient de changer de mains. Toujours selon TheWrap, les dirigeants de Skydance, le groupe de David Ellison qui a racheté le studio, ont découvert l'ampleur de la perte de Digger à leur arrivée. Dana Goldberg et Josh Greenstein, qui dirigeaient le cinéma de Paramount, supervisent désormais aussi celui de Warner.



