Animals, le sixième film réalisé par Ben Affleck, est en ligne sur Netflix depuis 9 heures ce vendredi. Les critiques américaines sorties dans la nuit sont partagées, plutôt sévères. Deadline et Variety lui reprochent de mener de front campagne électorale, crise de couple et enlèvement. The Hollywood Reporter lui reproche aussi de trop devoir à un classique de Kurosawa.
Affleck y joue Mark Kimball, candidat à la mairie de Los Angeles qui a englouti l'essentiel de sa fortune dans sa campagne. Un appel lui apprend que son fils a été enlevé et que le ravisseur réclame 7 millions de dollars. Avec sa femme Abigail (Kerry Washington), il doit réunir la somme en quelques heures et faire, selon le résumé de Netflix, « des choix qui pourraient bouleverser leur vie ». Steven Yeun incarne Sam, son directeur de campagne.
Un 8 sur 10 chez IGN, un C- chez IndieWire

Guy Lodge, dans Variety, y voit « du pulp jetable », mais un film très prenant, qui profite du « professionnalisme sans prétention » de son réalisateur et vedette. IGN va plus loin avec un 8 sur 10 signé Jim Vejvoda, qui salue une mise en scène « tendue » et les dilemmes moraux posés au spectateur. C'est le seul avis franchement positif recensé par Metacritic. La veille, IGN jugeait sévèrement la fin de Below, la série Netflix avec Josh Hartnett.
Pete Hammond (Deadline) décrit un film qui veut raconter à la fois un couple en crise, un enlèvement et une campagne électorale sans savoir quelle voie suivre. Il regrette qu'on demande à Kerry Washington « d'être hystérique un peu trop souvent ». Pour Ryan Lattanzio, qui met C- dans IndieWire, Animals n'est pas une série télé, « mais ça ressemble beaucoup à une mauvaise ». Brian Tallerico (RogerEbert.com) n'éprouve « aucune joie » à l'écrire, mais y voit « de loin le pire film réalisé par Affleck ». À 9 h 50, Rotten Tomatoes affichait 45 % d'avis positifs sur 22 critiques et Metacritic une moyenne de 31 sur 100.
Kurosawa, Spike Lee et un tournage annulé à deux semaines du premier jour

David Rooney, dans The Hollywood Reporter, parle d'un « éléphant dans la pièce ». Selon lui, Animals doit beaucoup, sans le citer, à Entre le ciel et l'enfer, le Kurosawa de 1963. Spike Lee en a tiré un remake, Highest 2 Lowest, sorti en août 2025. Hammond conclut sur un jeu de mots avec High and Low, le titre anglais du Kurosawa : « un film de hauts et de bas, sans grand-chose de sensé entre les deux ».
Affleck a raconté à Entertainment Weekly avoir tout arrêté à deux semaines du tournage, en 2024, en apprenant que Spike Lee préparait lui aussi un film d'enlèvement, de peur de livrer une « version concurrente ». Il assure n'avoir jamais vu le film de Kurosawa. Prévu avec Matt Damon en tête d'affiche, le projet est reparti quelques mois plus tard. Damon, resté producteur, était alors pris par L'Odyssée de Christopher Nolan, si bien qu'Affleck a repris le rôle.
Gillian Anderson, tailleur blanc et ton coupant, amuse plus qu'elle ne convainc. Hammond aime sa diction « sèche et intimidante » et Rooney la trouve irrésistible. Variety juge son personnage « un peu absurde », tout en trouvant son arrivée très divertissante. Le même Variety trouve le rôle de Steven Yeun « d'une platitude décevante ». Hammond, qui avait adoré The Rip avec Matt Damon en début d'année, sort déçu d'une projection où la salle réagissait pourtant à chaque rebondissement. Rooney recommande Animals comme fond sonore « pendant qu'on prépare le dîner ».



