« Un titre parfaitement mesquin », a tranché Guillermo del Toro sur X, en réponse au message qu'IGN avait publié pour accompagner sa critique de Digger, le film d'Alejandro G. Iñárritu avec Tom Cruise. Le site y écrivait que « l'expérience de la salle ne vous fera pas changer d'avis sur Digger » et que les quelques rires du film « seront toujours là quand il arrivera sur HBO Max ». Selon Deadline, la critique le jugeait « loin d'être incontournable ».
Dans le même message, le réalisateur de Frankenstein pour Netflix ajoute : « Qu'on l'aime ou non (et oui, moi je l'aime), le film est à la hauteur d'un écran de cinéma par son ampleur, son ambition et sa portée. Audacieux, culotté, complexe dans son langage de cinéma. Résolument une expérience de salle. » Il a ensuite relayé des messages de spectateurs enthousiastes, qui remontaient selon lui « en haut de [son] fil sans même faire défiler », en promettant de continuer à les partager.
Del Toro compare l'accueil de Digger à celui de La Valse des pantins de Martin Scorsese et de The Big Lebowski des frères Coen, reçus avec réserve à leur sortie puis tenus pour des « chefs-d'œuvre », rapporte The A.V. Club. Il a aussi pris la défense de Cartel, le film de Ridley Scott sorti en 2013.
Dans deux messages cités par The Hollywood Reporter, le cinéaste évoque d'abord Les Diables de Ken Russell, un film Warner de 1971. La critique le trouvait « excessif, écrasant » ; au Mexique, raconte-t-il, l'Église le tenait pour un blasphème. « Il ne parle pas de possession mais de ce que le récit politique en fait », écrit-il. Même diagnostic pour Digger, un film « sur le changement climatique » qui ne parle pas du changement climatique mais « de la manipulation des récits », lui aussi jugé « excessif, écrasant ». Il le décrit comme « peut-être le tout dernier film que WB sortira en tant que tel », à quelques jours du rachat du studio par Paramount.
Un vieil ami d'Iñárritu face au pire démarrage de Tom Cruise depuis 2007

Guillermo del Toro et Alejandro G. Iñárritu sont amis depuis des décennies et se consultent régulièrement sur leurs projets, rappelle The Hollywood Reporter. Avec Alfonso Cuarón, ils forment les « Three Amigos » du cinéma mexicain. « On partage, on se plaint, on se dispute, on se conseille. Et ensuite, on se soutient », résumait Iñárritu au Los Angeles Times en 2006.
Ce soutien arrive alors que Deadline estime le premier week-end nord-américain du film à 8 millions de dollars, le plus faible démarrage de Tom Cruise depuis Lions et Agneaux en 2007, loin derrière Verity, en tête du box-office. Les spectateurs interrogés à la sortie des salles lui donnent un C+ (CinemaScore). Rotten Tomatoes affiche 51 % de critiques positives.
Nous relevions, dans l'accueil critique de Digger, une presse américaine qui épargne Tom Cruise mais pas le film, alors que la critique française se montre plus clémente. Del Toro, de son côté, a accompagné l'un de ses partages d'un jeu de mots sur le titre : « Dig or Die, allez ! »



