Blizzard n'a jamais mentionné le mot « Classic+ » publiquement, et pourtant tout ce que l'éditeur a mis en place depuis janvier de cette année converge vers ce samedi. La BlizzCon revient les 12 et 13 septembre au Anaheim Convention Center, après deux éditions annulées en 2024 et 2025, avec un programme qui consacre deux panels entiers aux jeux du patrimoine et une branche de développement chiffrée qui tourne discrètement depuis onze mois. Si l'annonce ne tombe pas cette fin de semaine, je ne vois pas quelle occasion Blizzard attend.
Blizzard a promis de parler de l'avenir de Classic après le Temple Noir

Lors du State of Azeroth le 29 janvier dernier, la productrice exécutive Holly Longdale a conclu son segment en expliquant clairement que notre nostalgie n'a pas fini d'être chouchoutée : « Ce n'est pas tout ce que nous préparons. Je peux dire avec confiance que tous les joueurs de Classic dans le monde ont beaucoup de choses à attendre. » Elle avait entamé un « je suis vraiment ravie d'annoncer que… » avant de se reprendre, ce qui a suffi à lancer la rumeur. Blizzard a précisé dans la foulée que les éclaircissements sur l'avenir de Classic et sur la progression des serveurs Anniversaire viendraient après la sortie du Temple Noir, à la BlizzCon. Le raid d'Illidan a ouvert ses portes le 27 août sur les royaumes TBC Anniversaire, avec ses neuf boss et son format vingt-cinq joueurs, donc la condition posée par l'éditeur est remplie depuis maintenant dix jours.
Project Camelot : 29 builds chiffrés sur un patch 1.60 depuis octobre 2025

Project Camelot, une branche de développement apparue sur les serveurs de distribution de Blizzard en octobre 2025, jamais déchiffrée depuis. Les traqueurs communautaires ont recensé au moins vingt-neuf compilations distinctes rattachées à un mystérieux patch Classic 1.60, ce qui trahit clairement développement suivi de près plutôt qu'un environnement de test en sommeil. Le datamineur Stiven, dont Wowhead a relayé les trouvailles, a repéré des entrées de licences « heroic » et « epic » sur une branche séparée du client actuel, rattachée à une version de juillet 2006 correspondant au patch 1.6 et à l'ouverture de Blackwing Lair. Rien de tout cela ne confirme à quoi ressemble le jeu, puisque le contenu reste chiffré. En revanche, deux étiquettes de licence sur un projet vanilla, ça a fait tousser une bonne partie du forum.
Classic+ désigne du contenu neuf écrit dans les règles de 2006

Derrière l'étiquette, la demande des joueurs est constante depuis six ans : des donjons, des raids, des zones et des équilibrages inédits, écrits dans les règles du World of Warcraft d'origine, au lieu de la énième rediffusion à l'identique des extensions déjà connues. La référence citée en boucle reste Old School RuneScape, qui fait vivre une version ancienne d'un MMO en parallèle de la moderne, avec ses propres développeurs et son contenu original. Blizzard s'en est approché avec la Saison de la Découverte, ce laboratoire lancé fin 2023 qui greffait de nouvelles compétences et des instances remaniées sur le jeu de 2004, et dont les développeurs ont eux-mêmes dit qu'il avait dépassé leurs espérances.
Le studio a arrêté son développement actif en juin 2025 et a fermé la porte aux serveurs neufs, Josh Greenfield expliquant qu'ouvrir et maintenir un royaume est loin d'être aussi trivial que les joueurs l'imaginent.
Le panel Classic est programmé dans la nuit de samedi à dimanche
La cérémonie d'ouverture démarre samedi 12 septembre à 19h30 heure française, suivie du premier panel World of Warcraft: What's Next à 21 heures. Les deux rendez-vous consacrés au patrimoine s'enchaînent en fin d'après-midi californienne, le Classic Game Deep Dive étant programmé à 15h30 sur place, soit 0h30 chez nous dans la nuit de samedi à dimanche.
Le panel World of Warcraft Hardcore: What's Next ferme la marche dimanche, à 1h15 dans la nuit du dimanche au lundi. Tout est diffusé gratuitement sur les chaînes Twitch et YouTube de Warcraft, sans billet virtuel à acheter cette année. Sur place, Blizzard laisse jouer Diablo premier du nom, Diablo II, Diablo III, Warcraft III et Heroes of the Storm.

Je ne surveille plus l'existence du projet, qui ne fait guère de doute, mais la forme qu'il prendra, entre une vraie branche de contenu original confiée à une équipe dédiée et un abonnement supplémentaire déguisé en hommage à la nostalgie.
Les licences « heroic » et « epic » dataminées penchent du mauvais côté, l'éditeur avance en terrain miné, puisque les puristes des royaumes Era refusent qu'on touche à une virgule de 2006 pendant que les rescapés de la Saison de la Découverte réclament l'inverse. Blizzard mécontentera une moitié de sa communauté quelle que soit l'annonce. Après la casse chez The Elder Scrolls Online cet été et la fermeture programmée de New World, voir un éditeur réinvestir dans un MMO de vingt ans plutôt que de l'éteindre reste une bonne nouvelle. Le retail, lui, poursuit sa route avec l'extension Midnight lancée en février.



