D'après l'enquête de TheWrap, Digger devrait faire perdre environ 250 millions de dollars à Warner Bros., une somme que nous avons détaillée dans notre article sur les pertes de Digger. Depp, Ford, Smith ou DiCaprio ont eux aussi connu de gros échecs au box-office.
Pour chacun des neuf acteurs, le film retenu doit l'avoir en tête d'affiche, pas dans un caméo ni dans un second rôle. Le plus gros flop est celui dont la perte estimée est la plus lourde, quand une estimation a été publiée par le studio ou par la presse professionnelle (Deadline, Variety, The Hollywood Reporter, TheWrap). À défaut, nous retenons le plus gros écart entre le budget de production et les recettes mondiales relevées par Box Office Mojo. Cet écart ne vaut pas une perte nette, puisque les salles gardent une partie des recettes et que le marketing n'y figure pas. Budgets et pertes restent des estimations, jamais des comptes certifiés. Tous les montants sont donnés en dollars de l'époque, sans correction de l'inflation.
Tom Cruise : Digger (2026)

La satire d'Alejandro G. Iñárritu a coûté entre 163 et 173 millions de dollars à produire selon les sources de TheWrap, auxquels s'ajoutent environ 100 millions de marketing. En face, Box Office Mojo relève 35,3 millions de dollars de recettes mondiales à ce jour, après un premier week-end à 8 millions en Amérique du Nord, le pire démarrage de Cruise depuis Lions et Agneaux en 2007. La perte annoncée par TheWrap intègre les revenus attendus après la salle. Variety estimait d'abord la perte en salles entre 150 et 200 millions, puis l'a portée à 245 millions le 11 octobre, après un deuxième week-end en chute de 60 %. À côté, La Momie (2017), dont Deadline chiffrait la perte à 95 millions, reste loin de Digger.
Johnny Depp : Lone Ranger, naissance d'un héros (2013)

Johnny Depp tenait la tête d'affiche de Lone Ranger dans le rôle de Tonto, aux côtés d'Armie Hammer en justicier masqué, sous la direction de Gore Verbinski, le réalisateur des trois premiers Pirates des Caraïbes. Le western de Disney a coûté plus de 200 millions de dollars à produire selon TheWrap. Les recettes mondiales se sont arrêtées à 260,5 millions (Box Office Mojo). Fait rare, le chiffre vient de Disney, puisque son directeur financier Jay Rasulo a annoncé aux analystes une perte de 160 à 190 millions de dollars un mois après la sortie.
Ce naufrage n'a pas entamé la confiance du studio, qui l'a rappelé pour La Vengeance de Salazar en 2017. Le cinquième Pirates des Caraïbes a rapporté près de 796 millions de dollars dans le monde (Box Office Mojo).
La mise à l'écart est venue plus tard, sans aucun rapport avec un chiffre de box-office. Disney ne l'a plus rappelé pour Jack Sparrow à ce jour. Warner lui a demandé de quitter Les Animaux fantastiques en novembre 2020, quelques jours après qu'il a perdu à Londres le procès en diffamation intenté au Sun. Deux ans plus tard, en Virginie, un jury lui donnait raison sur l'essentiel de son action en diffamation contre Amber Heard, tout en retenant l'une des demandes reconventionnelles de l'actrice. Les studios avaient tranché bien avant les jurés. Disney paie le prix de ce lynchage, sans le moindre Pirates des Caraïbes depuis 2017. Depp a continué de travailler loin des majors, de Jeanne du Barry, film d'ouverture du Festival de Cannes 2023, à Modì, qu'il a réalisé. Blow reste son plus beau rôle, vingt-cinq ans après.
Keanu Reeves : 47 Ronin (2013)

Le film de samouraïs de Carl Rinsch, dont c'était le premier long-métrage, a coûté 175 millions de dollars à Universal selon The Hollywood Reporter. Il a rapporté 151,8 millions dans le monde (Box Office Mojo), après un démarrage raté au Japon, là où il aurait dû faire le plein. Pamela McClintock, au Hollywood Reporter, estimait que la perte pourrait atteindre 175 millions pour Universal et son cofinanceur Elliott. Le studio avait vu venir le désastre. Il avait déprécié le film tout au long de l'année précédant la sortie, si bien que l'échec de Noël n'a pas touché les résultats du trimestre. John Wick allait relancer Keanu Reeves moins d'un an plus tard.
Harrison Ford : Indiana Jones et le Cadran de la destinée (2023)

Le dernier Indiana Jones, confié à James Mangold après le retrait de Steven Spielberg, a rapporté 384 millions de dollars dans le monde (Box Office Mojo), moins de la moitié du Royaume du crâne de cristal. Les comptes déposés par Disney au Royaume-Uni, analysés par Forbes, chiffrent le coût de production à 419 millions de dollars avant le remboursement fiscal britannique. Deadline a estimé la perte nette à 143 millions, troisième plus gros échec de 2023 derrière The Marvels et The Flash.
Will Smith : Gemini Man (2019)

Ang Lee comptait révolutionner l'image en tournant à 120 images par seconde, en 4K et en 3D, pour opposer Will Smith à une version rajeunie de lui-même. Le public a vu un scénario de 1997 resté plus de vingt ans dans les tiroirs, auquel Harrison Ford, Clint Eastwood, Sean Connery et Mel Gibson avaient été attachés avant lui, comme le rappelle Deadline. Produit pour 138 millions de dollars, le film a rapporté 173,5 millions dans le monde (Box Office Mojo). Deadline a chiffré la perte à 111,1 millions. Selon The Hollywood Reporter, l'addition était partagée entre Paramount, Skydance et deux partenaires chinois, Fosun et Alibaba. Smith sortait pourtant du triomphe d'Aladdin et s'apprêtait à cartonner avec Bad Boys for Life.
Brad Pitt : Babylon (2022)
Brad Pitt partageait l'affiche avec Margot Robbie dans cette fresque de plus de trois heures sur le Hollywood des années 1920, signée Damien Chazelle. Paramount y avait mis 80 millions de dollars de production d'après Deadline, puis à peu près autant en marketing. Le film a démarré à 3,6 millions de dollars en Amérique du Nord pour finir à 65,3 millions dans le monde (Box Office Mojo). Deadline a estimé la perte à 87,4 millions, cinquième plus gros échec de 2022. Babylon s'est depuis trouvé des défenseurs.
Robert De Niro : The Alto Knights (2025)

Robert De Niro y jouait deux rôles à la fois, les parrains Frank Costello et Vito Genovese, dans un film de Barry Levinson écrit par Nicholas Pileggi, le scénariste des Affranchis et de Casino. Le film a coûté plus de 45 millions de dollars avant marketing selon Variety et n'en a rapporté que 10,2 millions dans le monde (Box Office Mojo). Aucune estimation de perte n'a été publiée, l'écart entre budget et recettes dépassant 35 millions sans compter la promotion. Amsterdam a fait pire, avec une perte que Deadline évaluait à environ 108 millions, mais De Niro n'y tenait qu'un second rôle derrière Christian Bale, Margot Robbie et John David Washington. Il est aussi exclu pour Killers of the Flower Moon, où DiCaprio occupe le haut de l'affiche.
Eddie Murphy : Pluto Nash (2002)

Peter Bart, alors directeur éditorial de Variety, évaluait le budget de Pluto Nash à près de 100 millions de dollars, dont 20 millions pour le cachet de Murphy. La comédie de science-fiction de Ron Underwood a rapporté 7,1 millions dans le monde (Box Office Mojo), soit un écart d'environ 90 millions avant même de compter la promotion. Eddie Murphy doublait déjà l'âne de Shrek depuis 2001.
Leonardo DiCaprio : Une bataille après l'autre (2025)

Le cas DiCaprio est le plus discuté de la liste. En octobre 2025, Variety annonçait que le film de Paul Thomas Anderson se dirigeait vers une perte d'environ 100 millions de dollars en salles. Warner a contesté ce chiffre. Quelques jours plus tard, Deadline citait des sources qui plaçaient le seuil de rentabilité autour de 200 millions de dollars dans le monde, pour un film qui en avait coûté 140 à produire. Une bataille après l'autre a fini à 213,2 millions (Box Office Mojo), puis a remporté six Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. En mars 2026, au lendemain de la cérémonie, Variety maintenait une perte proche de 100 millions, les salles gardant la moitié des recettes. Killers of the Flower Moon, financé par Apple, se juge autrement : selon Variety, il a rapporté de l'argent en vidéo à la demande et attiré de nouveaux abonnés à Apple TV+.
Lone Ranger, 47 Ronin et Indiana Jones avaient coûté au moins 175 millions de dollars chacun. Babylon et Digger étaient des films pour adultes payés au prix d'une superproduction. Après La Momie, Cruise avait enchaîné les Mission: Impossible. La note de Digger revient désormais à David Ellison, patron de Warner depuis le 6 octobre 2026, dont la société Skydance cofinançait déjà Gemini Man.
