Un carton financier pour un film pourtant bien fade

En décembre 2025, Lionsgate nous a affublé d’un bien mauvais film avec une nouvelle œuvre pour adolescents en manque de Cinquante Nuances de Grey avec La Femme de Ménage - issu des romans de Freida McFadden. Une histoire bien clichée, bien nulle, où la jeune Millie (jouée par la sulfureuse Sydney Sweeney) trouve un poste de femme de ménage chez une famille bizarre où tout le monde n’est pas forcément sain d’esprit. On mélange de l’horreur assez soft et mal amené pour faire trembler les non-initiés des films d’horreur, on y ajoute un soupçon de romance bas-de-plafond et paf, on obtient un truc bien fade avec la patte de Paul Feig.
Paul Feig qui, on le rappelle, est le génial réalisateur du reboot féminin de SOS Fantômes, qui s’est vautré au box-office. Il a également été mondialement connu pour le très agaçant Spy. Le principal problème du bougre c’est qu’il se veut ouvertement féministe alors que ses personnages sont des clichés ambulants (mais on ne lui en veut pas, dans le roman, ça doit sûrement être pareil).
Résultat des courses, c’est le carton énorme de la fin d’année avec 400 millions de dollars de recettes mondiales pour 35 millions de budget. Comme c’est gargantuesque, on aura forcément droit pour Décembre 2027 à sa suite “Les secrets de la Femme de Ménage” qui s’est même offerte une actrice talentueuse en la personne de Kirsten Dunst. Et lorsque des médias ont demandé à la comédienne pourquoi passer de Alex Garland (Civil War) à Paul Feig, la réponse fut simple : la tune. Les romans de McFadden ont de toute façon le vent en poupe puisque “Le Divorce”, histoire indépendante de celle de Millie, aura aussi droit à son adaptation par Studiocanal.
Un budget colossal pour un huis-clos

En tout cas, le succès gonfle la note de production de la suite, qui, selon Deadline, s’élèverait entre 70 et 80 millions de dollars. C’est plutôt conséquent, voire même inconscient pour un thriller assez minimaliste qui se déroule principalement en huis-clos. En comparaison, Le Diable s’habille en Prada 2, qui cumulait plusieurs décors luxueux différents, un trio de comédiens bankable et beaucoup de figurants, coûtait la modique somme de 100 millions. Forcément, il faut des explications à donner mais nul doute que le budget doit être déjà bien absorbé par le cachet que va prendre Sydney Sweeney et sa co-star Kirsten Dunst.
Helen Lee-Kim, la présidente du marché international chez Lionsgate - studio qui est un peu en train de souffrir en ce moment - a donné quelques indices sur ce nouveau budget plus massif :
“On élargit complètement l’univers du premier film. Le deuxième livre est encore plus tordu et le film en sera d’autant plus inattendu. Il sera structuré de manière un peu différente. On espère tourner d’ici la fin d’année. Toute l’équipe artistique est de retour, tout comme Sydney [Sweeney] et Michele Morrone [le jardinier musclé au regard quelque peu insistant], qui a un plus grand rôle dans le deuxième film. Kirsten [Dunst] fait partie de l’aventure, et il reste encore deux rôles masculins plutôt marrants pour lesquels on est en train de faire passer les castings.”
Un pari à double tranchant pour Lionsgate

Il s’agit là d’un vrai défi pour Lionsgate tant le résultat au box-office de cette suite peut être à double tranchant. Soit le box-office global sera légèrement à la baisse et ce sera une déception par rapport au premier opus, soit ça va doubler ses recettes et tout démolir sur le marché, assurant presque obligatoirement les suites que personne n’a envie de voir : “La Femme de Ménage se marie”, “La Femme de Ménage voit tout” et “La Femme de Ménage à la plage”.







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