Un box-office en dents de scie : des succès foudroyants face à des bides cuisants

Pendant que Disney, Warner Bros (bientôt à Paramount ?) ou Universal se mordent les chevilles dans une guerre au box-office centralisée, d’autres studios se battent pour un modèle alternatif. La Metro Goldwyn Mayer profite du rachat par Amazon, Blumhouse mise sur les petits budgets, et Lionsgate s’appuie sur ses licences phares. On entend trop peu parler de la viabilité de ce dernier, alors que ses scores font parfois la soupe à la grimace. Le studio est pourtant en plein boom grâce aux revenus de La Femme de Ménage (400 millions de dollars pour un budget de 35 millions) et au succès massif de Michael, qui affiche 420 millions de dollars en une semaine.
Pourtant, depuis 2020, le bilan est contrasté. Côté succès, on dénombre John Wick 4 (447,3 millions), Hunger Games : La Ballade du serpent et de l'oiseau chanteur (347,9 millions) et Saw X (125 millions). Mais derrière, les pertes sont sèches : Moonfall (67 millions de recettes pour 150 millions de budget), le spin-off Ballerina (140 millions pour 90 millions de budget), Greenland : Migration, ou encore les bides de Borderlands, Expendables 4 et Insaisissables 3. Contrairement au déclin d’Europacorp, les chiffres de Lionsgate interrogent : pourquoi tout semble aller bien ?
La réalité comptable : une dette qui pèse des milliards

Le studio entre sans doute dans une période plus faste avec l’exploitation de La Femme de Ménage, Michael, Fall 2 et le prochain Hunger Games prévu pour novembre 2026. Néanmoins, en 2026, Lionsgate n'est pas dans une situation confortable, suite à sa séparation en 2025 avec Starz, sa branche streaming. Le problème principal reste la dette. C’est un studio sacrément endetté : une partie importante des gains sert à payer les intérêts et financer les productions futures. Même un film qui marche ne se transforme pas automatiquement en bénéfice net.
Le segment Motion Picture accuse des déficits à cause de ce chassé-croisé entre succès et échecs. Les revenus TV ont chuté de 25,6 %, passant de 1,062 milliard de dollars à 790,3 millions. Au 31 décembre 2025, Lionsgate affichait 1,964 milliard de dollars de dette corporate brute, auxquels s’ajoutent environ 2,052 milliards d’obligations liées aux films (financements, crédits fiscaux, etc.). « Ça fait mal », dirait Christophe Maé.
Stratégie de survie : capitaliser sur les valeurs sûres

Le catalogue reste la bouée de sauvetage : Lionsgate possède des titres forts capables de renverser la machine. Il faut structurer autour de ce qui marche : Hunger Games, Saw et La Femme de Ménage. Selon les archives SEC, le studio dispose d'environ 250 millions de dollars de trésorerie propre pour financer de nouveaux projets, mais l'erreur n'est plus permise. Tu te plante sur un blockbuster qui coûte le même prix qu'un Valérian et t'es obligé de lâcher 68 suites à Fall pour relancer le business.
En résumé, Lionsgate (merci au biopic sur Michael Jackson) n’est pas au bord de la faillite, mais fait face à des dangers sévères : cash-flow opérationnel négatif, dette élevée et capitaux propres négatifs. Le studio semble en avoir conscience en misant sur des projets à risque limité, comme Fall 2 — qui coûte aussi cher qu'un plein d'essence dans une Twingo — ou le futur Hunger Games, assuré d'être rentable.
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