L’avantage de ma critique, qui va sortir la sulfateuse contre les jouets que tout le monde adore, c’est que je n’ai pas besoin de vous contextualiser ce que représente la saga Toy Story. C’est le cinquième film, le premier a maintenant 31 ans. Et je veux tailler tout de suite dans le gras du bifteck.
Il faut savoir arrêter les frais, ranger les jouets au placard. Parce que le tour de la question a peut-être été fait huit cents fois. Et ça n’est pas de la mauvaise foi. Toy Story 3 (2010) était très bien. Il abordait même déjà le sujet des jouets délaissés et surtout, il y avait Lotso, le meilleur personnage de la franchise et un peu boss final de la saga.
Le quatrième volet voyait Woody quitter son rôle de jouet pour enfants pour suivre une vie de vagabond. Ce cinquième film voit nos fameux joujous se confronter à l’arrivée de la technologie dans les foyers.
Une réflexion sympa, mais déjà vue ailleurs

Oui, ça amène une réflexion sympa. Sauf que le film Ron débloque, à titre d’exemple, avait déjà exploré ces thématiques en le faisant cent fois mieux. Quand on représente Disney Pixar et qu’on lance Toy Story 5, il faut avoir une histoire solide, quelque chose à raconter, et non pas un machin très anecdotique. Parce que ce Toy Story n’a aucune histoire. Ce n’est qu’un alignement de moments très communs, très criards, toujours dans l’excès, dans les éclats de voix, les personnages hurlent, comme si le film était sous adrénaline.
On a le sentiment que ce Toy Story est fait pour la majeure partie des enfants d’aujourd’hui : un concentré de gags irrespirables pour que le jeune enfant visé par ce navet ne puisse pas avoir le temps de soupirer et de détourner le regard. L'objectif est de le mobiliser sur les 1h30 de film et qu'il reste béat devant l'écran, un peu comme les ados qui scrollent sur Tiktok.
Une spirale paradoxale tant il ne se passe rien dans ce Toy Story 5. Pas d’antagoniste marquant, pas d’enjeu majeur, c’est presque ridicule et on a clairement le sentiment que le serpent se mord la queue depuis deux films.
Rien de notable niveau réalisation, même si l’image est toujours très belle. Rien de notable sur la musique. Les personnages n’évoluent pas, personne ne comprend la volonté de marier Jessie et Buzz l’Éclair, Woody vient en aide à ses copains comme on dépannerait une roue de vélo. C’est d’une platitude ronflante, d’un vide sidéral affreux.
Le vide rapporte toujours chez Disney

Mieux encore, ce fameux message sur la tech se résume à venir chouiner sur le fait que la technologie lobotomise les cerveaux des enfants. Très bien. Mais il n’y a aucun contrepoids à ça. C’est même prestement incohérent, comme on dit en bon françois, de confier une tablette à une enfant de sept ans permettant d’utiliser l’intelligence artificielle, de déjà discuter avec les copines sur les réseaux sociaux…
Le film a des années d’avance dans la vie de son héroïne, pour nous balbutier un message déjà entendu mille fois ailleurs. Toujours dans Ron débloque, qui fait vraiment office de chef-d’œuvre à côté de ce navet galactique.
Que dire enfin de la scène post-générique ? Celle-ci ne trouve rien de mieux, pour étirer la saga jusqu’à l’intolérance physique et émotionnelle, que de faire du fan-service. Un très gros recyclage qui prouve que lorsqu’on n’a rien à se raconter, on fait les fonds de tiroir.
Malheureusement, Disney va très vite s’en cogner et mettre en chantier le sixième puisque Toy Story 5 cumule déjà presque 600 millions de dollars de recettes mondiales.
Et oui, le vide, ça rapporte.
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