Le cinéma en 2025 s’apprête à tirer sa révérence sur un constat amer. Après deux années plutôt riches, l’exercice s’impose comme l’un des plus décevants de ces dernières années, marqué par des blockbusters aseptisés, des films d’auteur en panne d’inspiration et l’absence criante de véritables coups de cœur.
Un premier semestre déjà fragile et sans relief

Dès les premiers mois, le ton est donné. Entre février et juillet, une vague de films moyens, parfois franchement laborieux, occupe les écrans sans jamais provoquer l’enthousiasme attendu.
Le très attendu Mickey 17 de Bong Joon-ho promettait une relecture audacieuse de la science-fiction. Il en ressort un film long, pesant et étonnamment maladroit dans sa narration. Une vraie désillusion au regard du talent du cinéaste.
Côté production française, même constat. Mercato de Tristan Séguéla, malgré son concept de satire sportive, peine à capter l’attention. Même sort pour Le Secret de Khéops, avec Julia Piaton et Fabrice Luchini, qui s’enlise dans une enquête sans souffle, loin de l’aventure promise.
Blockbusters en panne et premières grosses purges

Le printemps n’arrange rien. Novocaine avec Jack Quaid donne l’impression d’un produit formaté pour le streaming, sans ambition visuelle ni narrative. Captain America : Brave New World confirme les difficultés actuelles du MCU, tandis que Ballerina peine à exister hors de l’ombre de sa saga.
Mais le point de rupture arrive en avril avec Minecraft : Le Film. Personnages caricaturaux, mise en scène clinique, humour lourdaud et un Jack Black en roue libre : le film s’impose comme la plus grande purge post-Covid. Ironie cruelle, son succès massif garantit déjà une suite.
Un été sans véritable salut

La période estivale laissait espérer un sursaut. Il n’est jamais vraiment venu. Le Superman de James Gunn ne parvient pas à répondre aux attentes, tandis que Dangerous Animals de Sean Byrne reste trop sage pour marquer durablement.
Les désillusions s’accumulent et le sentiment d’un cinéma qui joue la sécurité, quitte à s’édulcorer, s’installe durablement.
Une fin d’année tout aussi frustrante

La rentrée ne change pas la donne. Sirat intrigue par moments, ose quelques ruptures fortes et offre de rares séquences de tension, mais peine à tenir sur la durée. Comparé à des expériences radicales comme celles de Gaspar Noé, le film reste trop inégal.
La tentative de comédie grinçante La Guerre des Rose, portée par Olivia Colman et Benedict Cumberbatch, manque de mordant. Le Roi Soleil, malgré un concept de huis clos prometteur et la présence de Pio Marmaï, s’avère confus et mal dirigé. Les blockbusters Américains, eux, continuent de nous prendre pour des andouilles et on ne perdra pas autant de temps à vous reparler de Predator : Badlands, Tron : Arès et Insaisissables 3 tellement c'est la trinité du vide. Les critiques sont disponibles sur nos réseaux.
À cela s’ajoutent Vie Privée de Rebecca Zlotowski et Chien 51 de Cédric Jimenez, qui viennent clore une année déjà bien entamée par la frustration.
Une année à oublier, avant de repartir
Loin d’être catastrophique, le cinéma en 2025 souffre surtout d’un manque d’audace et de films fédérateurs. Trop de projets semblent calibrés, trop peu osent réellement sortir du cadre.
Rassurez-vous toutefois : l’année n’a pas été totalement stérile. Quelques vraies réussites ont émergé, et nous y reviendrons très prochainement dans un article dédié. Parce que même les années les plus décevantes cachent toujours quelques éclats de cinéma.




