La cible à abattre ? Son réalisateur, Peter Berg. Un grand homme (c'est ironique, bien entendu). Et la cause de ce premier tir médiatique ? D’anciennes déclarations sur les jeux vidéo viennent de ressurgir. Et disons-le franchement: si vous aimez Call of Duty, ça pique un peu.
Peter Berg avait démoli les jeux vidéo… et Call of Duty
Les propos datent de 2013, lors d’une interview accordée à Esquire pendant la promo de Lone Survivor. À l’époque, Peter Berg était interrogé sur les jeux de guerre type Call of Duty. Sa réponse n’avait rien d’un futur ambassadeur de la licence.

Le cinéaste qualifiait les joueurs de guerre virtuelle de “pathetic” et parlait de “keyboard courage” (ce qui signifie en gros qu'une personne d'ordinaire réservée et timide IRL a une personnalité plus "exotique" et provocatrice derrière l'écran [les trolls Facebook et Twitter quoi] ). Il ajoutait aussi que passer des heures à jouer était, selon lui, “faible”, et qu’il valait mieux sortir faire autre chose. Grosse ambiance.
Esquire: "En tant que défenseur public de la virilité américaine, quel est votre avis sur les jeux vidéo de guerre ?"
Berg: "Pathétique. Pathétique. Du courage de pacotille. Je ne supporte pas ça. Les seuls à qui j’accorde le droit de jouer à Call of Duty sans problème, ce sont les militaires. Ils sont au front, ils s’ennuient et ils veulent se divertir ? D’accord, peut-être. Les enfants ? Certainement pas."
Le plus ironique ? Il citait explicitement Call of Duty dans ses propos. Oui, le même Call of Duty qu’il va désormais adapter sur grand écran. Hollywood adore ce genre de scénario écrit trop vite. Et oui, comme quoi l'appel du pognon a plus d'importance que son intégrité.
Pourquoi ça ressort maintenant ?
Parce que Paramount et Activision ont récemment officialisé la sortie du film pour 2028, avec Peter Berg à la réalisation et Taylor Sheridan au scénario. Forcément, Internet a fait ce qu’Internet fait de mieux: remonter les vieux dossiers en 12 minutes chrono. Et une chose est sûre si vous l'avez oublié: Internet n'oublie jamais.
Depuis l’annonce, plusieurs médias anglophones ont relayé l’affaire, relançant le débat: peut-on confier l’adaptation d’une licence culte à quelqu’un qui la méprisait ouvertement il y a quelques années ?
Question légitime. Même si, nuance importante: 2013, c’était il y a treize ans. Un être humain peut évoluer. Twitter, un peu moins.
Faut-il s’inquiéter pour le film ?
Finalement, pas forcément.
Peter Berg n’est pas un inconnu du cinéma d’action militaire. Il a signé Lone Survivor, Patriots Day ou encore Deepwater Horizon. Il sait filmer la tension, les opérations tactiques, les explosions qui coûtent cher et les hommes qui regardent l’horizon en silence.
Et du côté de la production, Activision promet un film authentique, à échelle humaine mais spectaculaire. Comprendre: des soldats, du drame, et probablement une séquence où quelqu’un court au ralenti sous des débris numériques. On n'oublie pas l'excellente storyline de la Task Force 141 de l'époque Modern Warfare 2 des années 2010, ou à Black Ops 1 et 2, quand le studio était encore impliqué dans la campagne solo de ses jeux.

Le vrai problème: comprendre Call of Duty en 2026
Ce qui interroge davantage, ce n’est pas une vieille punchline mal vieillie. C’est de savoir si les studios comprennent encore ce qu’est Call of Duty aujourd’hui. Car il est devenu davantage un game-as-service pour mode multijoueur qu'un jeu avec une campagne solo à rebondissements de plus de 15h de jeu, avec modes survie, coops et autres choses pour passer un bon moment sans prendre un kick-scope par Jean-Michel 2500h de jeu en multi.

La licence n’est plus juste un “jeu de guerre”. C’est un monstre culturel mêlant campagne narrative, multi compétitif, Warzone, saisons live-service, skins absurdes et communautés mondiales. Résumer ça à “des gamins devant un écran”, c’était déjà faux en 2013. C’est totalement lunaire en 2026.
Un bad buzz… qui peut encore tourner à l’avantage du film
Soyons un peu cynique pour bien finir cette histoire: cette polémique offre au film une première vague de visibilité gratuite. Tout le monde parle de Call of Duty sans qu’un seul teaser n’existe.
Et si Berg livre un vrai gros film nerveux, respectueux de la licence, cette histoire sera oubliée en une semaine. Hollywood pardonne tout, surtout quand le box-office parle. Mais cette fois, ça ne sera pas le nombre d'entrées qui validera le projet final, mais bien l'avis de la presse et surtout celui des joueurs qui iront voir le film.





