« Une insulte. » Chris Hansen n'a pas pris de pincettes pour parler de Primetime, le film d'A24 dans lequel Robert Pattinson l'incarne à l'époque de To Catch a Predator. Le journaliste parle d'une « pure fiction » et accuse le studio et le réalisateur d'avoir fabriqué « quelque chose de bien plus sombre et de bien plus dramatique » que son travail d'enquête. Le film sort en France le 23 septembre, alors que Chris Hansen ne l'a toujours pas vu.
Pourquoi Chris Hansen n'a pas vu le film qu'il attaque
Parce qu'il a refusé de signer l'accord de confidentialité qu'A24 lui soumettait avant la projection, de peur de céder du terrain sur son nom, son image et sa marque. Il juge donc le long métrage sur la seule foi d'une bande-annonce, tout en répétant que le résultat « insulte les milliers d'hommes et de femmes qui travaillent chaque jour à protéger les enfants des prédateurs ». Nous avions raconté l'histoire vraie derrière To Catch a Predator, du piège de Murphy au suicide du procureur Bill Conradt, la réalité n'avait pas franchement besoin d'être noircie plus que cela.

Il y a plus malin encore, Chris Hansen a acheté des espaces publicitaires diffusés avant les séances de Primetime, sur les écrans qui programment le film, pour vanter TruBlu, son propre service de streaming consacré au true crime et aux traques de prédateurs. Vendre un abonnement streaming des propre plateforme dans la salle même où l'on dénonce un film... il fallait y penser.
Sur le jeu de Pattinson, Hansen est bien plus tendre
Devant les caméras d'Entertainment Tonight, en août, il reconnaissait que l'acteur « a de toute évidence travaillé son imitation » et que, « même si je trouve ça trop dramatique, il y a une plutôt bonne imitation dans la bande-annonce ». Sa propre famille valide la ressemblance. Ce qu'il refuse, ce sont les scènes visibles et audibles de la ba: « Il dit des choses que je n'ai jamais dites et fait des choses que je n'ai jamais faites. » Il aurait préféré Denis Leary dans le rôle, ce qui reste la sortie la plus inattendue de toute l'affaire.

Robert Pattinson a donc répondu le 5 septembre en conférence de presse à Venise, le jour de la première mondiale et de ses sept minutes d'ovation.
« J'espère évidemment qu'il aimera le film », a lâché l'acteur, avant d'expliquer qu'il n'avait jamais cherché à tourner un film sur Chris Hansen, mais à capter une présence qu'il décrit comme magnétique, et à faire passer des années d'inspiration pour « une forme de compliment ». Le même Pattinson qui, en mars, promettait un scénario extraordinaire pour The Batman 2, sait manier la langue de bois quand il le faut.
Lance Oppenheim a de son coté éteint les débats le 17 septembre en racontant d'où venait son film, à savoir une vidéo Cameo à 30 dollars que Chris Hansen lui avait enregistrée cinq ans plus tôt, dans laquelle le journaliste rejouait sa propre caricature en faisant la promotion de ses enquêtes. Le réalisateur dit attendre avec impatience que l'intéressé le regarde. En attendant, la presse a tranché de son côté, avec 93 % d'avis favorables sur Rotten Tomatoes et un 73 sur 100 chez Metacritic.
Sortie française le 23 septembre, dans une semaine chargée où nous avons déjà placé le film dans nos pronostics box-office.





