Anthropic a tiré le rideau le 4 avril à 21h, les abonnements Claude Pro et Max ne couvrent plus l'utilisation de l'IA via des outils tiers, OpenClaw en tête. Boris Cherny, responsable de Claude Code chez Anthropic, a annoncé la mesure la veille sur X, laissant aux utilisateurs à peine 24 heures pour s'adapter. Plus de 135 000 instances OpenClaw étaient en fonctionnement au moment de l'annonce.
Pour ceux qui ne connaissent pas OpenClaw, c'est un framework open source qui permettait de faire tourner des agents IA autonomes en exploitant son abonnement Claude. Le problème pour Anthropic : ces agents consomment infiniment plus de tokens qu'un utilisateur classique sur claude.ai. Un seul session OpenClaw intensive pompe autant de ressources que des dizaines d'échanges normaux, parce que l'outil contourne largement le système de cache de prompts qu'Anthropic a optimisé pour ses propres produits.
Anthropic coupe le robinet

Les abonnés Claude Pro (20$/mois) et Max conservent l'accès à claude.ai, Claude Code et Claude Cowork, les produits maison. Pour continuer à utiliser OpenClaw ou tout autre harness tiers, deux options : acheter des "extra usage bundles" facturés séparément (avec jusqu'à 30% de réduction), ou basculer sur une clé API Anthropic avec tarification au token. Dans les deux cas, on parle de coûts qui peuvent être multipliés par 50 pour les utilisateurs les plus intensifs.
Anthropic a toutefois fait un geste commercial en accordant un crédit unique équivalent à un mois d'abonnement, à utiliser avant le 17 avril. Pour une boîte qui venait de relancer la course aux agents IA avec Computer Use, l'intervention est assez contradictoire on encourage l'usage autonome d'un côté, on coupe les outils qui le permettent de l'autre.
Un timing qui ne trompe personne
Le contexte rend la décision encore plus lisible. En février, Peter Steinberger, créateur d'OpenClaw, a quitté le projet pour rejoindre OpenAI. Le framework a été transféré à une fondation open source avec le soutien affiché d'OpenAI. Quelques semaines plus tard, Anthropic ferme le robinet. La justification officielle — "Capacity is a resource we manage carefully and we need to prioritize our customers using our core products" — est recevable sur le plan technique, mais le calendrier parle de lui-même.

Sur X et les forums, la réaction est sans unanime : annulations d'abonnements en série, migrations vers l'API directe, et comparaisons peu flatteuses avec OpenAI et Microsoft qui, eux, maintiennent une politique plus ouverte sur les intégrations tierces. Après avoir accusé DeepSeek et MiniMax de piller son modèle, Anthropic donne l'image d'un acteur qui verrouille son écosystème dès qu'il se sent menacé.
On comprendra toutefois la logique économique, à 20 dollars par mois pour un usage qui en coûte des centaines en compute, le modèle n'est actuellement toujours pas viable. Mais la manière interroge un peu plus. Un préavis de 24 heures pour 135 000 utilisateurs, un crédit qui expire en deux semaines, et une décision qui tombe pile quand OpenClaw passe sous l'aile d'OpenAI. Anthropic, qui aime se présenter comme l'acteur responsable de l'IA, ressemble de plus en plus à n'importe quel autre géant tech quand ses marges sont en jeu.




