Elon Musk a annoncé, lors de la présentation des résultats du troisième trimestre de Tesla, le lancement d'une « production initiale » du robot humanoïde Optimus sur la nouvelle ligne de grande série de l'usine de Fremont, en Californie. Dans sa lettre aux actionnaires, le constructeur affirme y avoir fabriqué ses premiers robots au niveau exigé pour la série, avec un procédé de fabrication « adapté à un produit commercial ».
Une montée en cadence « cahoteuse » à Fremont

La plupart des machines d'une ligne dimensionnée pour environ un million de robots par an sont déjà installées à Fremont, selon Elon Musk. Il vise une cadence de 20 000 Optimus par semaine, ce qui correspond à peu près à ce volume annuel, mais prévient qu'il faudra « probablement au moins un an, peut-être un peu plus » pour l'atteindre. Le patron de Tesla décrit le début de la montée en cadence comme une pente « faible et plutôt cahoteuse », puisque plusieurs éléments de la conception doivent encore être retouchés. La main du robot reste l'une des pièces les plus difficiles à mettre au point, reconnaît-on chez Tesla.
Les premières livraisons à des entreprises extérieures sont attendues vers la fin de l'année 2027, une fois réglés les derniers problèmes d'intelligence artificielle, de fiabilité et de durée de vie. Elles iraient d'abord à l'industrie, pour des tâches dangereuses ou répétitives. Les robots domestiques viendraient plus tard. Musk compte aussi intégrer vers avril 2027 la puce maison AI5, censée multiplier la puissance de calcul embarquée. Tesla n'a communiqué ni prix, ni cadence actuelle, ni nombre de robots déjà assemblés.
La version qui sort de Fremont n'a même pas été présentée officiellement. Tesla promettait de dévoiler la troisième génération d'Optimus au premier trimestre 2026 ; fin mars, Musk expliquait qu'elle « marche déjà » mais qu'il lui fallait encore « quelques finitions » avant d'être montrée. Il évoque désormais une vidéo d'ici un ou deux mois, avec des tâches qui ne seraient pas préprogrammées.
Un bénéfice net en chute de 43 % pendant que la recherche s'envole
Le chiffre d'affaires de Tesla reste stable à 28,05 milliards de dollars, mais le résultat net tombe à 787 millions de dollars, tandis que le résultat d'exploitation recule de 56 %. Les dépenses de recherche et développement bondissent de 69 %, à 2,76 milliards. Le résultat encaisse aussi une perte de 142 millions de dollars sur la valeur des titres SpaceX détenus par Tesla, compensée par un gain d'environ 290 millions sur ses bitcoins. Le directeur financier, Vaibhav Taneja, range parmi les coûts en hausse le développement des puces et la préproduction de nouveaux produits « comme Optimus, le Megapack 3 et le camion Semi ». Il annonce aussi le chantier d'une usine de robots à Austin, censée en produire bien davantage que Fremont.
Musk compte sur Terafab, la fonderie de puces que Tesla prépare au Texas avec SpaceX, pour lever les goulets d'étranglement sur la mémoire et les processeurs dont Optimus aura besoin. Il situe la production de puces de Terafab en volume au troisième ou au quatrième trimestre 2028, avec de « grosses marges d'erreur ».
Des promesses sur Optimus qui ont déjà glissé

En juin 2024, devant les actionnaires, Elon Musk annonçait entre mille et deux mille robots au travail dans les usines Tesla en 2025. En janvier 2025, il évoquait un plan interne d'environ 10 000 Optimus construits dans l'année, dont « plusieurs milliers » feraient un travail utile avant la fin de celle-ci. Un an plus tard, il admettait que le robot n'avait accompli que des « tâches basiques » et n'était « pas utilisé de manière significative » dans les usines de la marque.
Le démarrage de la production avant la fin de 2026, inscrit dans la lettre aux actionnaires de janvier, est en revanche tenu. Présenté en 2017 et promis pour 2020, le nouveau Roadster n'entrerait, lui, en production qu'en 2028. Musk se dit toujours convaincu qu'Optimus sera « le plus gros produit de la planète ».
